130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie.
Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.
Chapitre 1 : C’est l’histoire d’une femme...
Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:11
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Contact : GAMS-Belgique => contactez-les ici
Tél. : 02 219 43 40
Fax. : 02 219 43 40
Site Web : http://www.gams.be
Email : info@gams.be
11 rue Brialmont
1210 Bruxelles
BELGIQUE
Quand Khadidiatou Diallo — Khadia — arrive en Belgique en 1980, elle a trente
ans. Elle ne sait ni lire ni écrire. La jeune Sénégalaise s’inscrit à des cours
d’alphabétisation. Pour obtenir son ceb, le certificat d’études de base,
elle doit présenter un travail personnel. Le sujet s’impose d’emblée : les
mutilations sexuelles, dont elle fut victime à l’âge de sept ans.
Ce travail lui fait rencontrer d’autres
femmes dans la même situation, en proie à des dépressions chroniques. Les livres
qu’elle consulte ne lui apportent pas les réponses auxquelles elle s’attend...
« Ces mutilations sont des actes sans
fondement, dit-elle.Je suis musulmane et
prête à les accepter s’ils faisaient partie de la religion mais on nous a
dupées, cela n’a rien à voir avec l’Islam. »
C’est comme si sa bouée de sauvetage prenait l’eau, elle découvre mensonge après
mensonge, des gestes imposés, une obligation d’être courageuse... « Je suis privée à jamais de sensations,
dit-elle,je suis un cadavre
ambulant. »
Le besoin d’agir grandit, pour que cela cesse, « pour sortir ces croyances de la tête des
gens ». Elle créera son association en 1996, le GAMS, Groupement d’hommes et de femmes africains et
européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines, sur le
modèle de l’association sœur française, active quant à elle depuis quatorze ans
déjà.
Un autre électrochoc l’attend en 1998 lors de la vague
d’immigration de Somaliens et Djiboutiens en Belgique. Elle rencontre une jeune
femme de vingt-cinq ans complètement fermée qu’elle aide à se faire désinfibuler
en Belgique. Quand le frère de cette jeune femme l’apprend, il l’emmène de force
en Hollande pour la recoudre. « J’étais fâchée
contre moi, se souvient Khadia Diallo,contre mon manque d’expérience. J’avais sous-estimé
le danger que représentait l’entourage de cette jeune femme. »
Les cas similaires se multiplient, le travail s’accroît. Commence alors une longue recherche de soutiens, de subsides, de locaux. L’asbl dont elle est aujourd’hui la présidente compte deux employés à temps plein (un animateur et une assistante sociale), un employé à mi-temps (pour le cours d’alphabétisation) et une dizaine de bénévoles qui se relaient pour son bon fonctionnement. Ses activités se sont diversifiées : cours, groupes de paroles, animations, lobbying... sans perdre cette volonté d’informer et de sensibiliser le public, et d’abolir les mutilations génitales féminines.
Les cas similaires se multiplient, le travail s’accroît. Commence alors une longue recherche de soutiens, de subsides, de locaux. L’asbl dont elle est aujourd’hui la présidente compte deux employés à temps plein (un animateur et une assistante sociale), un employé à mi-temps (pour le cours d’alphabétisation) et une dizaine de bénévoles qui se relaient pour son bon fonctionnement. Ses activités se sont diversifiées : cours, groupes de paroles, animations, lobbying... sans perdre cette volonté d’informer et de sensibiliser le public, et d’abolir les mutilations génitales féminines.
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