130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie.
Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.
Chapitre 2 : ... parmi 130 millions de femmes
Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:12
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BELGIQUE
Khadia Diallo n’est pas la seule victime de mutilations sexuelles. Selon l’UNICEF, 130 millions de femmes sont concernées de par le monde et trois millions de jeunes filles sont menacées chaque année. Qui sont-elles, comment le vivent-elles ?
« J’ai regardé un reportage sur l’excision, j’ai beaucoup pleuré, depuis je ne suis pas bien. Je ne me souviens pas de mon excision, je me souviens d’une lame, je me souviens que j’ai perdu beaucoup de sang. »
B., 25 ans.
« J’étais partie en
vacances en Somalie et là, on nous a excisées, j’avais 16 ans, ma sœur 9 ans et
ma cousine 10 ans. J’ai fui un mariage forcé, une dame m’a introduit le doigt
dans le vagin pour voir si j’étais vierge pour mon mari, à partir de là, j’ai eu
une infection urinaire. »
A.C., 23 ans.
« Une femme excisée est
différente de celle non excisée. Une fois je regardais la télévision, je voyais
une femme qui avait un orgasme, je croyais que c’était de la comédie, mais une
amie française m’a dit que l’orgasme c’était parce que la femme ressentait
beaucoup de plaisir. Je sais que toutes les femmes n’ont pas un orgasme, mais
quand même, je n’ai jamais ressenti cela ; moi je ne peux pas crier comme cela,
on n’a pas un même niveau de plaisir, elle aura beaucoup plus de plaisir que
moi ».
A.C., 23 ans.
« J’ai deux filles qui ont
été excisées au pays ; j’étais absente, quand je suis arrivée, j’ai trouvé que
mes grands-parents paternels les avaient excisées. Tu peux bien dire que tu n’es
pas d’accord mais on ne t’écoute pas. Ma fille de cinq ans a mal quand elle fait
pipi, heureusement elle est suivie par un médecin. Je n’ai pas encore expliqué à
ma fille pourquoi elle a mal, je trouve qu’elle est encore trop jeune. »
D. O., 26 ans.
« Ça fait mal, je n’étais
pas d’accord, ni mon mari. J’avais voyagé et ma tante est venue chercher ma
fille. »
S., 45 ans.
« J’ai deux jambes, j’ai
deux bras, mais une petite voix en moi me dit : ‘Hé toi ! Tu es handicapée ! Il
te manque quelque chose !’ C’est une perte à jamais. »
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