Labiso N°81

Le GAMS
La lutte pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines

Sommaire



 
 
130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie. Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.

Chapitre 3 : En quoi consistent les mutilations génitales féminines ?

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:12
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En quoi consistent les mutilations génitales féminines ?

L’organisation Mondiale de la Santé (oms) définit les mutilations génitales féminines (ou mutilations sexuelles féminines) comme l’ensemble des pratiques impliquant l’ablation partielle ou complète des organes génitaux externes de la femme ou tout autre blessure infligée aux organes génitaux de la femme, que ce soit pour des motifs culturels ou pour d’autres raisons non thérapeutiques.


Il existe plusieurs types de mutilations sexuelles, appelées souvent à tort circoncision féminine. La « sunna » (type I), la mutilation la moins sévère d’un point de vue anatomique, consiste à enlever le capuchon du clitoris, avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris. L’excision (type II) consiste à enlever le clitoris, avec excision partielle ou totale des petites lèvres. Dans l’infibulation (type III), le clitoris et les petites lèvres sont coupés et les grandes lèvres incisées sont cousues au moyen d’épines d’acacia ou de fil en laissant un petit passage pour que l’urine et le sang menstruel s’écoulent. Les jambes de la fillette sont liées pour l’empêcher de marcher jusqu’à ce que la plaie soit guérie. L’infibulation se pratique dans le Nord du Soudan, en Éthiopie, en Érythrée, en Somalie et à Djibouti. Certaines ethnies la pratiquent au Mali et au Nigeria. Chez les Peuls, on coupe le clitoris et on scelle les petites lèvres ensemble.

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L’âge auquel sont pratiquées les mutilations sexuelles varie selon les ethnies. Elles sont pratiquées sur des nouveau-nés, des fillettes et des adolescentes et, parfois, sur des femmes adultes juste avant le mariage. Le plus souvent, cela se passe entre quatre et douze ans, mais on observe ces dernières années un abaissement de l’âge de l’excision.

Pour permettre aux femmes infibulées — mariées — d’avoir des relations sexuelles, il faut élargir l’orifice le jour du mariage. Ce sont soit les maris qui, au prix de déchirures et d’énormes douleurs pour la femme, « forcent le passage » avec leur sexe lors du premier rapport, soit une tierce personne qui « ouvre » la femme avec un objet tranchant.
Il faut couper davantage lorsqu’elles accouchent. La plupart des femmes infibulées sont refermées après l’accouchement.



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