Chapitre 10 : Délier les langues
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:16
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BELGIQUE
Le GAMS organise des cours de couture, de cuisine, de coiffure, de langues ou
d’informatique. Ces cours favorisent l’insertion des femmes africaines et leur
permettent d’être en contact avec d’autres victimes – ou avec des victimes
potentielles – des mutilations sexuelles féminines.
La sensibilisation des
femmes aux conséquences des mutilations se fait progressivement, au prix de la
confiance... Fatoumata Diallo est coordinatrice des activités avec les femmes au
GAMS, une activité qu’elle exerce à titre bénévole depuis son arrivée de Côte
d’Ivoire il y a cinq ans. Elle donne des leçons de couture tous les lundis
matins. « Pendant le cours nous bavardons
beaucoup, dit-elle. Mes élèves ne
parlent pas encore très bien le français mais comme je parle le wolof, le peul,
le dioula et le malinké, elles peuvent s’exprimer dans leur langue maternelle,
c’est plus facile pour formuler des choses très profondes. »
Peu à
peu, en leur remémorant les difficultés vécues lors des accouchements, les
douleurs et les pertes de sang lors des rapports sexuels, l’une ou l’autre
laisse de côté les tabous pour avouer ce qu’elle a subi. L’animatrice sait de
quoi elle parle, c’est aussi son vécu. Devant elle, les femmes ne sont pas
gênées, elles partagent les mêmes traditions, les mêmes souvenirs, les mêmes
douleurs.
Auprès des maris, les femmes du GAMS passent pour des rebelles, certains empêchent leur épouse de fréquenter l’association. Fatoumata Diallo assume. « Nous recevons des insultes, dit-elle, mais nous savons que nous luttons pour une cause juste. »

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