Labiso N°81

Le GAMS
La lutte pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines

Sommaire



 
 
130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie. Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.

Chapitre 10 : Délier les langues

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:16
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Contact : GAMS-Belgique => contactez-les ici


Tél. : 02 219 43 40
Fax. : 02 219 43 40
Site Web : http://www.gams.be
Email : info@gams.be
11 rue Brialmont
1210 Bruxelles
BELGIQUE

 
Délier les langues

Le GAMS organise des cours de couture, de cuisine, de coiffure, de langues ou d’informatique. Ces cours favorisent l’insertion des femmes africaines et leur permettent d’être en contact avec d’autres victimes – ou avec des victimes potentielles – des mutilations sexuelles féminines.
La sensibilisation des femmes aux conséquences des mutilations se fait progressivement, au prix de la confiance... Fatoumata Diallo est coordinatrice des activités avec les femmes au GAMS, une activité qu’elle exerce à titre bénévole depuis son arrivée de Côte d’Ivoire il y a cinq ans. Elle donne des leçons de couture tous les lundis matins. « Pendant le cours nous bavardons beaucoup, dit-elle. Mes élèves ne parlent pas encore très bien le français mais comme je parle le wolof, le peul, le dioula et le malinké, elles peuvent s’exprimer dans leur langue maternelle, c’est plus facile pour formuler des choses très profondes. »
Peu à peu, en leur remémorant les difficultés vécues lors des accouchements, les douleurs et les pertes de sang lors des rapports sexuels, l’une ou l’autre laisse de côté les tabous pour avouer ce qu’elle a subi. L’animatrice sait de quoi elle parle, c’est aussi son vécu. Devant elle, les femmes ne sont pas gênées, elles partagent les mêmes traditions, les mêmes souvenirs, les mêmes douleurs.

Peu de femmes liaient leurs douleurs physiques ou psychologiques à l’excision avant d’arriver en Belgique. Puisque toutes les femmes de leur famille l’ont subie, elles n’imaginaient pas que cela pouvait leur causer du tort. « Quand on leur en parle pour la première fois, on leur dit que c’est quelque chose d’interdit ici, explique Fatoumata. Elles sont effondrées, elles se posent beaucoup de questions. Leur mère à elles était ignorante mais elles maintenant ? Certaines ont déjà fait exciser leurs filles, ne vont-elles pas leur en vouloir ? Nous discutons de tout cela. »
Auprès des maris, les femmes du GAMS passent pour des rebelles, certains empêchent leur épouse de fréquenter l’association. Fatoumata Diallo assume. « Nous recevons des insultes, dit-elle, mais nous savons que nous luttons pour une cause juste. »

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