Labiso N°81

Le GAMS
La lutte pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines

Sommaire



 
 
130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie. Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.

Chapitre 13 : Former le corps médical

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:23
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Tél. : 02 219 43 40
Fax. : 02 219 43 40
Site Web : http://www.gams.be
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11 rue Brialmont
1210 Bruxelles
BELGIQUE

 
Former le corps médical

Le GAMS anime des séances d’information dans les écoles de sages-femmes et dans les écoles d’infirmières, il enseigne aux étudiant(e)s comment accompagner les femmes excisées et/ou infibulées rencontrées dans l’exercice de leur profession.
Les modules de formation comprennent une présentation théorique sur les types de mutilations, l’âge des victimes, les auteurs des mutilations, la prévalence et la distribution de ces mutilations, les raisons qui les soutiennent, leurs conséquences sur la santé des femmes, le rôle des professionnels de la santé, les aspects législatifs, les actions nationales et internationales préconisées.
L’intérêt de garder une ouverture la plus grande possible pour permettre les relations sexuelles, l’écoulement des urines et des règles doit être expliqué à la patiente. Le personnel soignant peut aussi être confronté à une demande de réinfibulation après un accouchement, ce que la déontologie médicale belge ne permet pas.
Une mauvaise connaissance de ces pratiques et de leurs conséquences peut provoquer des attitudes involontairement blessantes lors de l’examen ou conduire à l’administration de soins inappropriés, comme la pratique d’une césarienne par méconnaissance des techniques de désinfibulation.

Fabienne Richard est sage-femme, elle est membre du GAMS depuis 1999. Son engagement fait suite à une confrontation directe avec les mutilations sexuelles féminines alors qu’elle effectuait des missions pour Médecins Sans Frontières (MSF). Elle raconte : « En 1996, j’ai travaillé dans un camp de réfugiés somaliens au Kenya. On est venu me chercher en urgence, une femme poussait depuis plusieurs heures dans son tukul, sa hutte en branchages au milieu du camp. J’ai accouru et lorsque je l’ai découverte dans l’obscurité, elle avait le périnée complètement distendu, le bébé était bloqué par l’infibulation. J’ai pris une lame pour couper et libérer l’enfant mais il était trop tard, il était déjà mort. Pendant dix mois, la durée de ma mission dans ce camp de réfugiés, j’ai vu ces femmes souffrir, je les ai écoutées me raconter leur nuit de noces, leurs accouchements, toujours dans la douleur. Huit grossesses, c’est être huit fois ouverte pour l’accouchement et être huit fois recousues après l’accouchement... Leur sexe n’est plus qu’une énorme cicatrice douloureuse. J’ai du gérer comme j’ai pu, je n’avais pas dû tout été préparée à cela. »
Lors de l’assemblée générale de MSF de 1999, Fabienne a proposé une motion pour que l’ONG soutienne la lutte contre les mutilations sexuelles. Aujourd’hui, des guides ont été élaborés pour les équipes sur le terrain et les mutilations font partie du briefing de départ. Depuis lors également, le GAMS est régulièrement invité à MSF et à l’Institut de médecine tropicale d’Anvers pour former les sages-femmes et médecins en poste en Afrique.

Des formations ciblent aussi les agents les plus susceptibles d’être confrontés aux communautés concernées par les mutilations : médecins de Fedasil, magistrats,services de police, inspecteurs de quartier, personnel de sécurité de l’aéroport ou personnel du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (cgra).



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