Chapitre 20 : L’Afrique bouge
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:27
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Les choses évoluent peu à peu. En Égypte, 74,5% des excisions sont pratiquées
par des médecins ou des sages-femmes sous prétexte de réduire les complications.
Le décès de deux fillettes cet été des suites d’une overdose de produits
anesthésiants a réveillé les consciences. Suzanne Moubarak, la première dame du
pays, a lancé la campagne « Le début de la
fin », entraînant dans son sillage responsables politiques et religieux,
ONG et médecins.
Erma Manoncourt, la représentante de l'Unicef en Égypte se
réjouit pour sa part du mouvement général. Elle relève que « le grand mufti a clairement appelé à l'abolition de
l'excision, le cadre juridique a été renforcé, des médecins ont décidé de ne
plus réaliser ce type d'intervention. » Si la pratique était déjà
officiellement interdite, la loi supportait jusque-là des « cas exceptionnels »,
largesse dans laquelle s'engouffraient des professionnels de santé peu
scrupuleux. Depuis juillet 2007, les dérogations ne sont plus
possibles.
Une loi interdisant les mutilations génitales féminine promulguée en 1996 est entrée en vigueur en février 1997. Depuis, plusieurs exciseuses ont été condamnées à des peines d'emprisonnement. Des médecins sont formés aux techniques de réparation des séquelles des mutilations et, récemment, aux techniques de reconstruction du clitoris. Selon la dernière enquête démographique de santé (2003), 77% des mères de 15 à 49 ans étaient excisée mais seulement 32% de leurs filles, ce qui est encourageant.
Prévalence des mutilations génitales chez les mères et les filles
Ce tableau illustre la diminution du nombre de victimes de mutilations d’une génération à l’autre (UNICEF 2005).

Contre la médicalisation des mutilations sexuelles féminines
Dans les couches plus aisées de la société, les mutilations sexuelles
féminines sont parfois pratiquées dans des établissements de santé par un
personnel médical compétent sous prétexte de diminuer les risques d’infection et
d’hémorragie. Dans ce cas, on peut parler de médicalisation des mutilations
sexuelles féminines. Une telle pratique est rigoureusement interdite par l’oms.
Les mutilations sexuelles
féminines sont dangereuses pour la santé des fillettes et des femmes. La
médicalisation de l’acte n’élimine pas le risque et elle est à proscrire pour
deux raisons essentielles : d’une part ces mutilations sont contraires à
l’éthique fondamentale des soins de santé en vertu de laquelle les dispensateurs
de soins ne sauraient approuver une mutilation corporelle qui n’est pas
nécessaire ; d’autre part la médicalisation légitime cette pratique
préjudiciable.
Le GAMS s’élève contre la médicalisation des mutilations
génitales féminines et met en garde contre leur légitimation.
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