Labiso N°81

Le GAMS
La lutte pour l'abolition des mutilations sexuelles féminines

Sommaire



 
 
130 millions de femmes ont subi des mutilations sexuelles dans le monde. Trois millions de jeunes filles en sont menacées chaque année. Les conséquences physiques et psychologiques sont graves et multiples, elles marquent ces femmes à vie. Dans de nombreux pays dont la Belgique, la loi interdit les mutilations sexuelles féminines mais l’excision reste une pratique ancrée dans la tradition de nombreux pays d’Afrique. Elle touche aussi les migrantes. Le GAMS-Belgique — Groupement d’hommes et de femmes africains et européens pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines — leur vient en aide.

Chapitre 20 : L’Afrique bouge

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/11/2007
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:09
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 10:27
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L’Afrique bouge

Les choses évoluent peu à peu. En Égypte, 74,5% des excisions sont pratiquées par des médecins ou des sages-femmes sous prétexte de réduire les complications. Le décès de deux fillettes cet été des suites d’une overdose de produits anesthésiants a réveillé les consciences. Suzanne Moubarak, la première dame du pays, a lancé la campagne « Le début de la fin », entraînant dans son sillage responsables politiques et religieux, ONG et médecins.
Erma Manoncourt, la représentante de l'Unicef en Égypte se réjouit pour sa part du mouvement général. Elle relève que « le grand mufti a clairement appelé à l'abolition de l'excision, le cadre juridique a été renforcé, des médecins ont décidé de ne plus réaliser ce type d'intervention. » Si la pratique était déjà officiellement interdite, la loi supportait jusque-là des « cas exceptionnels », largesse dans laquelle s'engouffraient des professionnels de santé peu scrupuleux. Depuis juillet 2007, les dérogations ne sont plus possibles.


Le Burkina Faso engrange pour sa part les succès d’une approche globale. Le gouvernement utilise simultanément les moyens d’information, de sensibilisation et la condamnation judiciaire pour lutter contre les mutilations génitales féminines. Un numéro vert « SOS Excision » a été mis en place, il permet au particulier d’avertir les autorités quand une excision se prépare et à la police d’intervenir pour sauver les fillettes.
Une loi interdisant les mutilations génitales féminine promulguée en 1996 est entrée en vigueur en février 1997. Depuis, plusieurs exciseuses ont été condamnées à des peines d'emprisonnement. Des médecins sont formés aux techniques de réparation des séquelles des mutilations et, récemment, aux techniques de reconstruction du clitoris. Selon la dernière enquête démographique de santé (2003), 77% des mères de 15 à 49 ans étaient excisée mais seulement 32% de leurs filles, ce qui est encourageant.

Prévalence des mutilations génitales chez les mères et les filles

Ce tableau illustre la diminution du nombre de victimes de mutilations d’une génération à l’autre (UNICEF 2005).

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Contre la médicalisation des mutilations sexuelles féminines

Dans les couches plus aisées de la société, les mutilations sexuelles féminines sont parfois pratiquées dans des établissements de santé par un personnel médical compétent sous prétexte de diminuer les risques d’infection et d’hémorragie. Dans ce cas, on peut parler de médicalisation des mutilations sexuelles féminines. Une telle pratique est rigoureusement interdite par l’oms.
Les mutilations sexuelles féminines sont dangereuses pour la santé des fillettes et des femmes. La médicalisation de l’acte n’élimine pas le risque et elle est à proscrire pour deux raisons essentielles : d’une part ces mutilations sont contraires à l’éthique fondamentale des soins de santé en vertu de laquelle les dispensateurs de soins ne sauraient approuver une mutilation corporelle qui n’est pas nécessaire ; d’autre part la médicalisation légitime cette pratique préjudiciable.
Le GAMS s’élève contre la médicalisation des mutilations génitales féminines et met en garde contre leur légitimation.





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