Labiso N°85

L'asbl Pétales
Parents d'enfants présentant des troubles de l'attachement

Sommaire



 
 
L’asbl Pétales regroupe des parents soucieux de faire connaître et reconnaître la problématique des troubles de l’attachement. Cette association, créée en 2001, regroupe plus de soixante familles adhérentes et des dizaines d’autres sympathisantes. Elle est présente dans toute la partie francophone du pays et à Bruxelles.

Chapitre 12 : Des parents témoignent....

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/02/2008
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 16:18
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 16:27
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Des parents témoignent...

Laurence et Benoît approchent de la cinquantaine. Ils habitent Namur avec leurs quatre enfants, dont trois sont adoptés. Derrière eux, des années de joie et de souffrance liées aux troubles de l’attachement dont souffre un de leur enfant adopté. Paul a aujourd’hui 17 ans. Malgré les efforts consentis par ses parents pour conserver un lien filial, Paul persévère dans sa volonté de rompre ce dernier.

« Paul est arrivé en Belgique en 1992. Nous avons fait le voyage de Madagascar avec lui. Je l’ai vu en photo un jour de mai 1991. Ce jour-là, je l’ai senti naître en moi. Le lien était déjà très fort. Ce petit garçon était très attendu. Tout s’est bien passé pendant les dix premières années. Il était tellement gentil, très attachant. Et puis à l’âge de 12 ans, il est devenu plus rebelle, plus révolté. Nous avons mis ça sur le compte de l’adolescence. Nous pensions que c’était une crise passagère. Tout a commencé par un vol presque anodin. J’étais enceinte de mon premier enfant biologique. Notre enfant a commencé à devenir capricieux. Il avait des idées fixes et ça tournait souvent à l’obsession. Il s’opposait de plus en plus à nous, à notre autorité. Il était de plus en plus en échec au niveau scolaire. Alors qu’il avait 13 ans, nous avons fait appel au Service d’Aide à la jeunesse. Il a été placé dans un centre pour jeunes. Il ne voulait plus aller à l’école et désirait retourner dans son pays d’origine. Il revenait chaque week-end à la maison mais supportait de moins en moins les contraintes. Il nous volait de l’argent de temps en temps. C’était de plus en plus invivable. A 15 ans, il a débuté un contrat d’apprentissage en maçonnerie. Il se cherchait comme on dit et nous nous le perdions de plus en plus. Les allers-retours entre la maison et les institutions étaient monnaie courante. La situation a continué à empirer. Il était violent verbalement. Nous avons tenté de suivre avec lui une thérapie mais sans succès. Il pouvait être adorable et exécrable dans la même journée. En 2005, nous avons pris contact avec le Service de protection de la jeunesse. Son passage à la « Pommeraie », centre pour jeunes en difficultés situé près de Namur, lui a fait le plus grand bien. Il y a ébauché son avenir. Il y est resté un an. Il revenait régulièrement à la maison. Aujourd’hui, notre fils a 17 ans et vit en appartement supervisé à Namur. Il travaille dans un magasin et passe nous dire bonjour assez souvent. Il est venu chercher sa Saint-Nicolas la semaine dernière. Il semble mieux dans sa tête depuis qu’il vit seul. Tant mieux pour lui. J’espère qu’un jour, de lui-même, il fera la démarche de suivre une thérapie. Quant à nous, Pétales nous a beaucoup aidés et soutenu. Ce n’est qu’en 2003 que j’ai pris conscience que mon fils souffrait de troubles de l’attachement et ce suite à la lecture d’un article dans la presse. C’est vrai que maintenant en le sachant, les symptômes de Paul ne trompent pas. Nous avons traversé des moments très durs. Avant, nous allions chaque mois à la régionale Pétales de Namur pour les réunions de parents alors qu’actuellement, nous y allons 3 à 4 fois par an. Ces rencontres avec d’autres parents rencontrant les mêmes problématiques que nous nous ont permis de déculpabiliser et de mieux comprendre».



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