L’asbl Pétales regroupe des parents soucieux de faire connaître et reconnaître la problématique des troubles de l’attachement. Cette association, créée en 2001, regroupe plus de soixante familles adhérentes et des dizaines d’autres sympathisantes. Elle est présente dans toute la partie francophone du pays et à Bruxelles.
Chapitre 12 : Des parents témoignent....
Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/02/2008
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 16:18
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 11/12/2008 à 16:27
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Contact : Pétales Belgique => contactez-les ici
Tél. : 02.241.66.22
Site Web : http://www.petales.org
Email : infos@petales.org
16, rue des Montis
5537 Anhée
BELGIQUE
Laurence et Benoît approchent de la cinquantaine. Ils habitent Namur avec
leurs quatre enfants, dont trois sont adoptés. Derrière eux, des années de joie
et de souffrance liées aux troubles de l’attachement dont souffre un de leur
enfant adopté. Paul a aujourd’hui 17 ans. Malgré les efforts consentis par ses
parents pour conserver un lien filial, Paul persévère dans sa volonté de rompre
ce dernier.
« Paul est arrivé en
Belgique en 1992. Nous avons fait le voyage de Madagascar avec lui. Je l’ai vu
en photo un jour de mai 1991. Ce jour-là, je l’ai senti naître en moi. Le lien
était déjà très fort. Ce petit garçon était très attendu. Tout s’est bien passé
pendant les dix premières années. Il était tellement gentil, très attachant. Et
puis à l’âge de 12 ans, il est devenu plus rebelle, plus révolté. Nous avons mis
ça sur le compte de l’adolescence. Nous pensions que c’était une crise
passagère. Tout a commencé par un vol presque anodin. J’étais enceinte de mon
premier enfant biologique. Notre enfant a commencé à devenir capricieux. Il
avait des idées fixes et ça tournait souvent à l’obsession. Il s’opposait de
plus en plus à nous, à notre autorité. Il était de plus en plus en échec au
niveau scolaire. Alors qu’il avait 13 ans, nous avons fait appel au Service
d’Aide à la jeunesse. Il a été placé dans un centre pour jeunes. Il ne voulait
plus aller à l’école et désirait retourner dans son pays d’origine. Il revenait
chaque week-end à la maison mais supportait de moins en moins les contraintes.
Il nous volait de l’argent de temps en temps. C’était de plus en plus invivable.
A 15 ans, il a débuté un contrat d’apprentissage en maçonnerie. Il se cherchait
comme on dit et nous nous le perdions de plus en plus. Les allers-retours entre
la maison et les institutions étaient monnaie courante. La situation a continué
à empirer. Il était violent verbalement. Nous avons tenté de suivre avec lui une
thérapie mais sans succès. Il pouvait être adorable et exécrable dans la même
journée. En 2005, nous avons pris contact avec le Service de protection de la
jeunesse. Son passage à la « Pommeraie », centre pour jeunes en difficultés
situé près de Namur, lui a fait le plus grand bien. Il y a ébauché son avenir.
Il y est resté un an. Il revenait régulièrement à la maison. Aujourd’hui, notre
fils a 17 ans et vit en appartement supervisé à Namur. Il travaille dans un
magasin et passe nous dire bonjour assez souvent. Il est venu chercher sa
Saint-Nicolas la semaine dernière. Il semble mieux dans sa tête depuis qu’il vit
seul. Tant mieux pour lui. J’espère qu’un jour, de lui-même, il fera la démarche
de suivre une thérapie. Quant à nous, Pétales nous a beaucoup aidés et soutenu.
Ce n’est qu’en 2003 que j’ai pris conscience que mon fils souffrait de troubles
de l’attachement et ce suite à la lecture d’un article dans la presse. C’est
vrai que maintenant en le sachant, les symptômes de Paul ne trompent pas. Nous
avons traversé des moments très durs. Avant, nous allions chaque mois à la
régionale Pétales de Namur pour les réunions de parents alors qu’actuellement,
nous y allons 3 à 4 fois par an. Ces rencontres avec d’autres parents
rencontrant les mêmes problématiques que nous nous ont permis de déculpabiliser
et de mieux comprendre».
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