Chapitre 7 : Un accompagnement individuel en deux temps
Date de publication : 05/09/2009
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 05/09/2009 à 16:22
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 05/09/2009 à 16:47
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 13/09/2009 à 10:05
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Le projet d'accompagnement individualisé
Après l’entretien préalable, le premier souci de l’équipe est d’aider la personne accueillie à entamer son processus de reconstruction personnelle au travers d’entretiens d’écoute, de la vie communautaire, du suivi social et du soutien à la parentalité.
Il s’agit de passer beaucoup de temps avec la personne tant pour l’écoute que pour l’accompagnement. L'action vise à ce moment la protection, la sauvegarde de l’intégrité physique et psychique des personnes : les « soigner », les réconforter. D’emblée, une attention particulière est accordée aux enfants dans un souci de bienveillance. Un état des lieux des ressources relationnelles est également établi : ressources familiales, conjugales, amicales, professionnelles, associatives. L'équipe encourage la mère à rassurer le père quant à la situation immédiate de ses enfants.
L'association informe les bénéficiaires du réseau avec lequel elle travaille, ainsi que les structures auxquelles elles pourront avoir recours. Elle leur fait savoir qu’elles trouveront toujours une oreille attentive à la maison maternelle. Les personnes sont également informées de leurs droits et un bilan financier est réalisé. Des démarches sont entamées à la fois pour la récupération des droits sociaux (chômage, RIS, mutuelle, allocations familiales, etc.) et éventuellement les questions juridiques pour une séparation et des dispositions par rapport aux enfants.
Tout au long du
séjour, l'équipe aide la personne à entrer dans un processus actif. Un
PAI (Projet d'Accompagnement Individualisé) est rédigé à la fin du premier mois
d’hébergement, reprenant le projet personnel ainsi que l’aide apportée par
l’institution. La personne est invitée
à faire le point sur les changements qui lui paraissent importants dans sa vie
et pour lesquels elle a besoin de l'aide de la maison maternelle. Par exemple,
clarifier une situation conjugale et l’hébergement des enfants pour patienter
jusqu’à l’aboutissement d’une procédure en justice, rassembler la totalité des
créances pour préparer un rendez-vous dans un service de médiation de dettes,
avoir plus d’autorité sur ses enfants, améliorer la communication avec son
conjoint, apprendre à répondre aux besoin d’un bébé, à lui apporter les soins
nécessaires, chercher un emploi, reprendre une formation…
Le PAI est revu tous les trois mois. Conformément au
décret de la Région wallonne, la personne, le référent et l'assistant social
procèdent ensemble à l’évaluation du PAI. La direction est présente lors des
bilans afin de s’assurer de l’avancement des situations. Cela permet de faire le point par rapport aux objectifs
que la personne s’est fixée. Elle peut constater que sa situation s’améliore et
se sentir encouragée ou, au contraire, que rien ne change et c’est alors
l’occasion d’ouvrir un dialogue pour envisager un autre plan d’action ayant
toujours pour but de faire évoluer la situation tout en répondant à ses
besoins.
Mis à part les objectifs établis de commun accord, l'équipe essaie toujours d’intervenir dans la relation mère-enfant. En effet, les résidentes traversent une période de vie très difficile et certaines ne sont plus à l’écoute des besoins de leur enfant. En collaboration avec l’éducateur référent ou la puéricultrice, l'équipe aide la mère à garder sa place de parent avec les obligations et les devoirs que cela suppose (ex. : comment scolariser régulièrement mon enfant, l’hygiène des lieux de vie, l’hygiène corporelle, la présence aux repas, le dialogue avec l’enfant…).
L’intégration à la vie communautaire se réalise peu à peu. S’engager dans la vie communautaire, c’est reprendre confiance en soi : respecter un planning, gérer le temps, s’organiser, apprendre à négocier et à gérer un conflit.
L'autonomisation
Dans une deuxième phase, l’accompagnement individuel est toujours présent, mais de manière moins intensive. Cette phase devrait conduire à l’autonomie de la personne et donc à sa distanciation par rapport à l’institution. Le passage à la distanciation n’est pas figé dans le temps. Il varie en fonction des ressources de la personne. C’est dans cette phase que surgissent les questions de la formation professionnelle, du logement, du travail, de la reprise d’une vie active, du retour à l’état d’acteur de sa vie. Au bout de six mois un rapport social est rédigé. Il pourra être utile en cas d’une éventuelle demande de prolongation.
a) L’intégration à la vie communautaire se poursuit.
La vie communautaire met l’accent sur la citoyenneté : solidarité, tolérance et respect. Elle est un lieu d’échanges, d’écoute, de partages de savoirs et de soutien à la parentalité.
b) Un travail est entrepris avec le compagnon et/ou la famille.
Le but de ce travail est de maintenir une relation entre les enfants et le père, de privilégier la
médiation, la négociation, de repérer les interactions qui peuvent
exister au sein du couple et/ou au sein de la famille, d’orienter
éventuellement vers des médiateurs familiaux ou conseillers conjugaux. Ces rencontres se font toujours à la demande de
la femme hébergée (suite parfois à une proposition de l'équipe). Elles se
passent le plus souvent à la maison maternelle ou parfois au domicile du
conjoint lorsque le dialogue est déjà amorcé. Elles ne sont pas possibles
lorsque la violence du conjoint risque de compromettre la sécurité physique ou
psychologique de la famille.
c) Le suivi des enfants se réalise en équipe pluridisciplinaire en synergie avec la mère et à partir de ses compétences.
L'équipe aborde les difficultés d’éducation et d’éventuels problèmes de maltraitance et/ou de négligence avec la mère, l'oriente vers des services de prévention (SOS, ONE, SAJ) et interpelle les autorités compétentes pour les cas graves pour lesquels il n'y a pas de collaboration.
d) L’insertion socio-professionnelle s’amorce.
Durant la phase d'autonomisation, l’accent est également mis sur l’expérimentation de l’intégration sociale : participation aux ateliers logement, à la maison de l’emploi, recherche et suivi de formations.
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