Pendant deux ans, six chercheurs engagés par les six relais sociaux wallons ont travaillé à identifier les freins à l'accueil d’urgence et à l'hébergement des personnes sans-abri en Région wallonne et à réfléchir à des pistes d'actions afin d'y remédier. Une série de recommandations se sont dégagées de leurs recherches.
Chapitre 5 : Les parcours autour de l’hébergement
Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 14/02/2010
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : relais, sociaux, Namur, action, sociale, hébergement, logement, sans-abri, sans, abri, abris, précarité, rue, sdf, dal, Charleroi, Mons, Liège, santé, lits, lit
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 14/02/2010 à 10:35
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 14/02/2010 à 15:37
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Fax. : 065 84 39 53
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Email : relais.social.mons@skynet.be
Rue du Hautbois 56B
7000 Mons
Hainaut BELGIQUE
Une multiplicité de profils, plusieurs dispositifs pour y répondre…
Le phénomène du sans-abrisme recouvre une large palette de problématiques. Pour venir en aide aux personnes touchées par ce type de précarité, plusieurs dispositifs ont vu le jour en Région wallonne. Structures d’hébergement, abris de nuit, maisons d’accueil, maisons d’hébergement de type familial ou encore maisons communautaires, équipes mobiles et centres d’accueil de jour… Les dispositifs ne manquent pas mais reste la question de leur fonctionnement et de leur articulation. Quels sont les freins pouvant entraver l’action de la politique d’aide aux personnes sans-abri?
Les équipes mobiles, un premier lien pour rencontrer des personnes sans-abri sur leur lieu de vie
Dans certains cas, les freins ne sont pas à chercher seulement au niveau des dispositifs mais également auprès des personnes plongées dans cette précarité qui ont perdu confiance dans le système institutionnel et qui refusent désormais tout contact avec celui-ci. Crainte d’être jugé, malaise vis-à-vis des pairs qu’on pourrait croiser dans ce type de services, impression d’avoir été abandonnés par les services d’aide sociale peuvent pousser certains à « choisir » la vie en rue. Pour toucher cette population, il semble donc fondamental de développer la politique du “aller vers” qui consiste, pour les travailleurs sociaux, à se rendre directement sur les lieux de vie des personnes: en rue, dans les squats… Cela afin d’entamer pas à pas une relation de confiance qui permettra peut-être ensuite de recréer un lien avec le système institutionnel. Si dans certaines villes wallonnes, cette politique fait déjà l’objet d’investissements importants, force est de constater que d’autres villes présentent encore des manques importants en la matière.
L’abri de nuit, tremplin, dernier filet?
Les abris de nuit, un accueil inconditionnel, anonyme et gratuit…
Face à l’urgence d’une situation, les abris de nuit et les Dispositifs d’urgence sociale (DUS) peuvent être un premier rempart pour éviter l’expérience de la rue. Ces structures sont un moyen pour les personnes en situation de précarité de trouver une réponse à certains de leurs besoins primaires.Dans la limite de leurs moyens, les abris de nuit wallons assurent un accueil inconditionnel et gratuit, comme prévu dans le décret. Toutefois, on constate sur le terrain que cette inconditionnalité est loin d’être assurée sur l’ensemble du territoire, créant des disparités entre les villes wallonnes et une errance contrainte au sein de la population sans-abri. Un déracinement qui agit parfois comme premier frein à la réinsertion des personnes. Les abris de nuit wallons présentent ainsi des conditions d’accès diverses. Dans certains cas, l’inconditionnalité guide la ligne de conduite des intervenants, dans d’autres, l’hébergement ne sera garanti que dans le cadre de la mise en place d’un projet d’insertion. Les deux modèles d’action présentent sans doute des avantages et inconvénients. Pour certains, l’inconditionnalité permet de capter une population très marginalisée qui sans cela risquerait de finir prématurément ses jours en rue. Pour d’autres, elle encouragerait l’installation des personnes dans un système d’« assistanat ». Face à cet argument, les défenseurs de l’inconditionnalité rappellent que l’accueil ouvert à tous n’empêche pas un accompagnement social de se mettre en place en s’axant sur les demandes de la personne et non sur l’obligation de s’inscrire dans un projet qui risque de ne pas tenir la route s’il est imposé. La question de l’inconditionnalité reste néanmoins remise en cause dans certaines villes et appelle un débat entre les différents acteurs concernés.
Manque de places dans les abris de nuit
Par ailleurs, l’accès aux structures peut aussi être entravé par un manque de places endémique dans certaines villes. Certaines métropoles wallonnes éprouvent d’importantes difficultés à répondre à l’ensemble de la demande. Ainsi, à Charleroi, trois quarts des refus opposés aux personnes ont pour motif un manque de places dans les structures. L’ouverture de nouvelles structures est d’ailleurs envisagée dans différentes villes telles que La Louvière, Namur et Charleroi en vue d’étoffer l’offre d’hébergement en Région wallonne.Pour mieux répondre à cette demande, certains opérateurs ont aussi réclamé la mise sur pied d’un plan régional d’aide aux personnes sans-abri afin d’offrir un hébergement de qualité sur l’ensemble du territoire et de créer une solidarité entre les villes en cette matière.
Abris de nuit et règlements d’ordre intérieur
Relativement basiques et destinés à assurer le bon déroulement d’une vie en communauté, les règlements d’ordre intérieur (ROI) semblent être acceptés par les personnes sans-abri. L’impossibilité d’accès des personnes accompagnées d’animaux de compagnie peut parfois poser problèmes. L’interdiction de consommer de l’alcool ou autre drogue peut aussi être difficile à respecter pour les personnes toxicomanes, certaines préférant alors se tourner vers les squats qui leur assurent cette liberté totale mais les exposent à des conditions de salubrité et de sécurité peu avenantes. L’accueil des personnes souffrant d’assuétudes diverses fait d’ailleurs l’objet de nombreuses questions au sein des équipes éducatives. La possibilité de créer des structures plus adaptées a ainsi été suggérée sans pour autant leur interdire l’accès à l’abri de nuit.Les abris de nuit, un accueil à court terme
Si l’abri de nuit constitue souvent une réponse aux besoins primaires des personnes sans-abri, il faut néanmoins rappeler que cette réponse est ponctuelle et limitée, ce qui peut placer les personnes dans des situations d’incertitude. Cette réponse ponctuelle peut pour certains entraver le retour au logement. À l’inverse, pour d’autres, permettre aux sans-abri d’avoir accès à plus long terme aux abris de nuit les inciterait à “rester dans la rue”.À Charleroi et Namur, l’hébergement n’est assuré que pour une nuit, la personne devant se représenter chaque soir. À Mons, le séjour est de 15 nuits, avec une possibilité de prolongement sur base de la concrétisation d’un projet. À Liège, l’une des structures assure un hébergement à la nuit, tandis que l’autre prévoit sept nuits pour le trimestre, sauf en cas de projet en cours, ce dernier pouvant être minimaliste.
Charleroi, l’utilité des quotas…
À Charleroi, l’hébergement au sein des abris de nuit est ainsi limité à 4 jours/semaine et 50 jours/an. La coexistence de plusieurs structures sur un même territoire permettait néanmoins aux personnes de trouver des solutions d’hébergement pour tous les jours de la semaine. L’existence de ces quotas a cependant été remise en cause par certains travailleurs. Une des recommandations de la recherche menée sur le territoire carolorégien envisageait un système faisant de ces quotas une indication quant à la situation des personnes et non comme un facteur excluant.
Par ailleurs, chaque matin, les personnes devaient quitter l’abri de nuit sans savoir où elles passeraient la nuit suivante. Pour éviter de telles incertitudes, sources d’angoisse, les abris de nuit carolorégiens, en collaboration avec l’Urgence sociale, ont mis en place un système de répartition permettant à la majorité des personnes quittant l’abri de nuit le matin de disposer du nom de la structure où elles trouveront avec certitude un lit pour le soir suivant. Mis en place durant la période hivernale, ce système a permis de diminuer la pression ressentie par les personnes sans-abri leur assurant pour la nuit suivante un lit, leur donnant ainsi la possibilité de dépasser le cadre de l’ici et maintenant pour penser à d’autres projets.
Diversité dans l’offre de services
Les conditions matérielles d’hébergement peuvent aussi différer grandement d’une structure à l’autre. Dortoirs ou chambrées de 2 ou 3 personnes, possibilité de disposer d’une certaine intimité, de prendre un repas, de se doucher, éloignement par rapport au centre-ville sont autant d’aspects qui peuvent influer sur la fréquentation d’un abri de nuit et sur le quotidien des personnes. Cette diversité dans l’offre de services entraîne aussi sans doute une certaine errance au sein de la population sans-abri.Des structures agréées mais non subventionnées
Prévus dans le cadre du décret du 12 février 2004, les abris de nuit jouissent désormais d’une reconnaissance légale. Toutefois, celle-ci ne s’est pas accompagnée d’une subvention spécifique. Or, ces structures remplissent souvent le rôle de dernier filet pour les personnes les plus déstructurées ou de tremplin vers des structures à plus long terme pour d’autres. Il est donc important que ce secteur puisse se sentir reconnu et disposer de subventions adéquates leur permettant de répondre à la mission qui est la leur.La maison d’accueil, un hébergement à moyen terme
Un hébergement conditionné, payant et extrêmement diversifié…
Contrairement aux abris de nuit, l’hébergement en maisons d’accueil pourra se prolonger sur une période de neuf mois. Si la Région wallonne comprend environ 25 structures reprises sous l’appellation « maison d’accueil », force est de constater qu’il existe autant de réalités et de modes de fonctionnement que de structures existantes. Chacune cherchant à s’adapter au type de public accueilli, aux conditions matérielles dans lesquelles se réalise cet accueil et en tenant compte de l’histoire propre à son institution.Pour certaines maisons d’accueil, anciennes maisons maternelles, leur public sera essentiellement constitué de femmes accompagnées d’enfants. Dans d’autres cas, une attention particulière sera portée aux femmes ayant été victimes de violence conjugale. Plus rare en Région wallonne, certaines maisons ont quant à elles opté pour un hébergement incluant l’ensemble de la cellule familiale. Enfin, ce sont parfois des maisons réservées à des hommes isolés.
L’hébergement y est payant - avec un maximum de 2/3 des revenus de la personne -, avec l’interdiction pour les maisons de dépasser un certain plafond. Cette participation financière et l’obligation qui en découle de devoir parfois verser ses revenus sur un compte lié à l’institution peuvent en influencer plus d’un dans leur choix de ne pas recourir à la structure maison d’accueil.

Maison d’accueil « Le Kangourou » à Baudour (ancienne maison maternelle)
Selon les structures, l’hébergement peut tendre vers l’inconditionnalité ou être soumis à des règles des plus strictes. Le programme d’accompagnement individuel, prévu dans le décret et les obligations de résultat qu’il sous-tend ne sont pas étrangers à cette volonté d’opérer une certaine sélection dans le public accueilli. Par ailleurs, le plus souvent, c’est l’obligation de devoir gérer un groupe qui intervient dans le choix d’héberger ou non une personne. Dans certains cas, les personnes souffrant d’assuétudes et/ou de problèmes de santé mentale importants ne pourront s’intégrer dans un tel environnement. Se pose de nouveau la question des personnes qui sont à la frontière de plusieurs problématiques et qui ne trouvent leur place nulle part.
Si un manque de places s’est parfois fait ressentir dans certaines villes, les travailleurs sociaux ont néanmoins tendance à vouloir privilégier des structures à taille humaine, pour permettre à l’accompagnement de se mettre en place dans les meilleures conditions. Dans certaines villes, comme Liège, la recherche a conduit à préconiser une réduction de la taille des structures – tout en pérennisant le nombre de places déjà existantes - pour permettre un meilleur travail d’accompagnement avec les personnes.
La taille des structures, le nombre d’individus par chambrée et la promiscuité impliquée par cette configuration spatiale peuvent bien évidemment influencer l’attitude des personnes hébergées.
La vie en communauté et l’impact du règlement d’ordre intérieur
Les maisons d’accueil étant aménagées de façons diverses, l’entrée dans celles-ci implique dans la plupart des cas une vie en communauté et le partage de lieux de vie ainsi qu’éventuellement des tâches ménagères. Si certaines maisons ont prévu des appartements ou des chambres individuelles, en raison de conditions matérielles, d’autres structures ne peuvent envisager la préservation de cet espace d’intimité.Face à cette situation, deux phénomènes peuvent avoir lieu. Tout d’abord, cette promiscuité, ou à tout le moins la collectivité, peut être vécue très difficilement par les personnes et dans certains cas conduire à leur départ précipité de l’institution. Dans d’autres cas, cette communauté peut être vécue positivement et rendre le départ plus douloureux en raison de l’isolement que l’intégration dans un logement individuel impliquera. Néanmoins, il semble que les maisons d’accueil offrant aux hébergés la possibilité d’avoir une chambre individuelle parviennent plus facilement à prendre en charge un public plus marginalisé.
Si pour les abris de nuit il semble que le règlement d’ordre intérieur (ROI) soit généralement bien accepté par les personnes hébergées qui peuvent même y voir un gage de leur propre bien-être, la situation est quelque peu différente pour ce qui concerne les maisons d’accueil. Comme nous l’avons mentionné plus haut, les conditions d’accès peuvent être plus strictes et impliquer des règles plus contraignantes. De nouveau, le niveau de contrainte variera grandement d’une structure à l’autre. Une capacité d’accueil plus importante impliquant généralement un ROI plus strict. Horaires à respecter, entretiens avec l’équipe éducative, activités diverses rythment la vie des personnes hébergées dans ces institutions et, ce, pendant plusieurs mois. Il n’est pas rare qu’une fois le règlement exposé, les personnes candidates pour entrer en maison d’accueil y renoncent purement et simplement.
La possibilité de dépasser l’urgence
Les maisons d’accueil présentent néanmoins l’immense avantage de permettre aux personnes de pouvoir se poser dans un cadre structuré pendant plusieurs mois consécutifs. Les problèmes rencontrés par les personnes sans-abri sont souvent multiples et ne se limitent pas au seul domaine du logement. Démêler ces trajectoires demande du temps, notamment pour qu’un apprivoisement réciproque puisse se faire entre travailleurs sociaux et personnes hébergées. L’entrée en maison d’accueil est donc un moment propice dans la vie chahutée de ces personnes pour qu’elles puissent faire le point sur leur histoire.La durée d’hébergement limitée à neuf mois par le décret pose aussi question à certaines structures. Deux effets pervers opposés peuvent venir se greffer à une telle limitation. D’une part, les travailleurs et les personnes peuvent ressentir une pression qui les amène à se lancer dans des projets ne correspondant pas véritablement aux attentes et besoins des personnes. Par ailleurs, dans d’autres cas, annoncer d’emblée à certaines personnes qu’elles disposent de 9 mois peut les enfermer dans une forme de léthargie, les poussant à rester dans la structure pendant 9 mois, alors qu’elles pourraient réintégrer un logement plus rapidement. Cette limite empêche de tenir compte du caractère individuel des situations et de travailler au rythme des personnes.
Le passage d’une structure à l’autre
Les trajectoires suivies par les personnes sans-abri ne sont en rien linéaires. Les passages de la rue au logement sont possibles, sans avoir fréquenté de structures d’hébergement auparavant. Il n’est pas non plus nécessaire d’avoir fréquenté un abri de nuit pour s’intégrer dans une maison d’accueil. Ces diverses solutions représentent une chaîne d’aides possibles mais chaque maillon peut agir indépendamment des autres.
Ce qui pose question, c’est le passage entre l’abri de nuit et la maison d’accueil. Si celui-ci n’est pas obligatoire, il peut cependant représenter une transition intéressante pour une certaine frange de la population sans-abri. Or, il semblerait que, sur le terrain, ce passage se réalise parfois difficilement, un grand nombre de personnes sans-abri restant « coincées » dans le cycle de l’urgence et des abris de nuit.
Différentes raisons peuvent expliquer cet effet d’entonnoir. Tout d’abord, on peut penser à une méconnaissance réciproque; d’une part, chez les personnes sans-abri qui peuvent avoir une image déformée de la maison d’accueil et qui hésitent à leur adresser une demande d’hébergement; d’autre part, dans le chef des maisons d’accueil, qui, peu en contact avec les personnes sans-abri vivant en rue, en viennent parfois à penser que ce public très marginalisé ne pourra pas s’adapter à une telle structure.
Charleroi, la coexistence d’un abri de nuit et d’une maison d’accueil sur un même site
À Charleroi, l’hébergement au sein des abris de nuit est ainsi limité à 4 jours/Deux maisons d’accueil situées dans l’entité carolorégiennes présentent la particularité de disposer sur un même site d’un abri de nuit et d’une maison d’accueil. Alors que les autres maisons d’accueil de la région présentent un pourcentage assez faible de personnes provenant d’un abri de nuit, les deux maisons d’accueil précitées accueillent principalement des personnes ayant auparavant transité par l’abri de nuit. Quels sont les éléments pouvant expliquer une telle différence?
Tout d’abord, la proximité géographique implique une meilleure interconnaissance entre le public de l’abri de nuit et les travailleurs sociaux de la maison d’accueil. Cette proximité implique notamment un seuil de tolérance plus élevé, permettant d’accueillir des personnes très marginalisées. Familiarisées avec le lieu et suite à des contacts avec d’autres hébergés de la maison d’accueil, les personnes qui fréquentent l’abri de nuit éprouvent aussi moins de crainte à demander à leur tour un hébergement sur le plus long terme.
Il faut aussi rester conscient qu’élargir l’accueil aux personnes les plus marginalisées demandera aux structures un travail important afin de préserver l’équilibre du groupe en place et éviter le départ de personnes au profil différent. Ces structures doivent donc disposer de moyens suffisants pour faire face à ce type de situations.
Le manque de moyens, tant humains que financiers, peut aussi pousser certaines structures à restreindre leur accès. Ce constat semble très criant dans certaines villes.
Une frange de la population qui ne trouve pas sa place dans les structures existantes…
Il faut par ailleurs admettre qu’une partie de la population ne trouve pas sa place dans les structures existantes. Qu’il s’agisse de personnes ayant vécu très longtemps en rue ou de personnes en rupture avec d’autres institutions, elles sont alors à la frontière de plusieurs mondes et restent enfermées dans le cycle de l’urgence sans espoir d’atteindre une situation plus stable.
Il est donc important que les pouvoirs publics veillent à soutenir les projets pilotes en la matière, que ce soit par la création d’abris de nuit d’un nouveau genre ou de projets plus insolites comme le co-logement ou le squat légalisé.

Camping SDF à Dampremy.
Recommandations
- intensifier le travail des équipes mobiles;
- accorder une subvention aux abris de nuit dans le cadre du décret du 12 février 2004 relatif à l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes en difficultés sociales;
- susciter un débat autour de la notion d’inconditionnalité et d’une tentative de lecture commune du décret
- développer des lits à projet, disponibles pour une période plus longue et selon certains critères, en parallèle au maintien de la politique inconditionnelle (abris de nuit à plusieurs vitesses);
- analyser et soutenir les formes alternatives d’hébergement/logement comme le co-logement, les squats légalisés…;
- encourager la politique des lits d’essai/d’urgence/séjour de pré-accueil (auxquels on peut accéder au départ de l’abri de nuit) au sein des maisons d’accueil et réfléchir aux modalités de délivrance d’un réquisitoire du CPAS pour accéder à ces lits d’urgence;
- revoir les moyens tant humains que financiers alloués aux maisons d’accueil afin qu’elles puissent remplir leurs missions, notamment en matière d’accompagnement (en tenant compte de la diversité des profils des personnes hébergées) ainsi que d’assurer l’hébergement dans des conditions matérielles adéquates (configuration des lieux visant à éviter une promiscuité trop importante, capacité d’accueil limitée à un certain plafond pour éviter les problèmes de cohabitation…);
- intensifier encore les liens entre les maisons d’accueil et les abris de nuit, les services d’accueil de jour, les équipes de rue… et favoriser les rencontres entre les équipes éducatives de ces différentes structures pour permettre un échange de pratiques et éventuellement permettre un accompagnement en collaboration avec ces services au sein des maisons d’accueil; favoriser le travail en binôme entre institutions;
- mener une réflexion sur l’organisation d’une base de données commune au niveau local et/ou régional pour faciliter la réorientation des personnes (obligation inscrite dans le décret) et la gestion des places disponibles dans l’ensemble du secteur quand une maison ne peut répondre à une demande; développer encore les groupes de parole au sein des maisons d’accueil, comme le Conseil des hébergés;
- évaluer le dispositif « Programme d’accompagnement individuel » en collaboration avec les maisons d’accueil pour en déterminer l’efficacité;
- provoquer un débat autour de la limitation de la durée du séjour en maison d’accueil.
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