Chapitre 2 : Les services
Date de publication : 16/07/2010
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : Relogeas, Charleroi, logement, Germoir, maisons, QCAF, Monceau, Vanthournhout, locataire, Spinoit, Bricoult, Rizzo, insertion, APL, loyer, immobilier, économie sociale
Publication de l'ouvrage : Mme. Charlotte Quevedo le 16/07/2010 à 15:17
Dernière modification : Mr. Labiso Newsletter le 22/07/2010 à 09:37
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Publication de la page : Mme. Charlotte Quevedo le 17/07/2010 à 23:01
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Un secteur à l’aube du 21ème siècle
La nécessité de doter Relogeas d’une équipe professionnelle se fait sentir assez rapidement. Parallèlement à une période de deux ans durant laquelle une personne du Germoir assume l’intérim, le Conseil d’administration initie une demande de postes Prime (un dispositif repris plus tard dans les APE) pour un coordinateur et un poste PTP pour l’ouvrier. Le poste de coordinateur nécessite de l’expérience en logement et en ISP. Anne-Catherine Rizzo devient coordinatrice de Relogeas en 2001.
Anne-Catherine Rizzo
« Quand j’ai lu l’annonce dans fax-info demandant de l’expérience en immobilier et en ISP, je me suis dit, cette double casquette est plutôt rare. Comme je l’ai, c’est pour moi ! », se souvient Anne-Catherine avec une totale sincérité.
Armée d’une double formation de philologue romaniste et de graduée en agent immobilier, Anne-Catherine n’a pourtant jamais enseigné dans un collège, comme elle l’avait envisagé, bien qu’elle ait enseigné six ans principalement dans diverses écoles techniques et professionnelles. Par la suite, elle donne des cours dans le cadre de Visa pour l’emploi, un projet mené par Vie Féminine avant de devenir responsable de la Mission régionale du Centre qu’elle quitte en 2000 pour le privé. « J’en avais marre d’un CA politisé », se justifie-t-elle pour se lancer dans son stage comme agent immobilier à Bruxelles « Là, j’étais chez les vrais requins ! Entre montages financiers et vente agressive, je ne m’y retrouvais pas au niveau humain. Ma fibre sociale sans doute... », lâche-t-elle.
À l’époque, Relogeas est abritée dans les locaux de QCAF qui vient d’emménager sur le site de Monceau-Fontaines. Anne-Catherine n’a pas de bureau. « Je reçois une grande caisse avec quelques classeurs. Je me souviens de ma remarque ‘Mais je me mets où’ ? », rit-elle.
Son investissement fut déterminant dans le développement de Relogeas. Première présidente du RapeL (jusqu’en 2009), elle a quitté ce poste pour la présidence de la Commission APL du Fonds du logement. Elle siège aussi comme représentante du secteur associatif au Conseil supérieur du logement et fait partie du Comité de pilotage du Relais social de Charleroi.
Son époux est éducateur dans une maison d’accueil à Bruxelles. Elle vit à La Louvière.
À ce moment, la situation est un peu chaotique, accompagnement social quasi inexistant, gros arriérés locatifs, arrivée de nouveaux projets en pagaille…
Dès son arrivée, Anne-Catherine prend l’initiative de faire le tour des acteurs du secteur du logement. « J’ai repris contact avec les partenaires et la Région wallonne, l’ancienne Direction générale de l’Aménagement du Territoire et du Logement devenue la DO4. Et on a commencé à rentrer des dossiers », décrit-elle.

Anne Catherine Rizzo, dynamique coordinatrice
Très rapidement, elle élargit le spectre d’activités. La maison arrière du 205 est en rénovation. Elle discute avec des justiciables. Le constat ? Pour avoir une liberté conditionnelle, il faut un logement. Sans famille, il n’y pas de débouché. Ni sur le marché privé, ni dans le logement social. « À l’époque, une Maison d’accueil ‘L’Îlot’ les acceptait en urgence. Mais cela produisait une concentration. Une succursale de Jamioulx », dit-elle en riant. L’accumulation de mauvaises fréquentations potentielles crée un réel danger de récidive. D’autant plus que cela peut être contraire aux règles de la conditionnelle. Le déclic vient d’Avanti, une OISP qui était à l’époque présente sur le site de Monceau-Fontaines et qui travaille sur les questions de culture et insertion (Depuis, Avanti a déménagé faute de place vers des locaux à Marchienne-au-Pont, tout en restant fort liée aux opérateurs de Monceau-Fontaines). Emerge l’idée d’un logement de transit pour le 205. « Il n’y a qu’un logement pour lequel les justiciables sont prioritaires. Il est meublé et équipé. C’est un peu comme un studio-vacances ! », précise la coordinatrice.
Relogeas profite à plein de son autonomie pour rencontrer les besoins les plus criants. « On ne travaille pas par points de priorité. Nous souhaitons une mixité homme/femme, une mixité culturelle. Nous ne mettons qu’un justiciable, un seul locataire avec une assuétude », décrit-elle. L’attribution des logements est décidée par la CA sur proposition du service social où Anne-Catherine Rizzo représente l’équipe. « Les propositions de l’équipe sont suivies. Il n’y a ni pression, ni clientélisme, ni pots de vin ! », plaisante-t-elle.
La coordinatrice met une énergie énorme à dégager les moyens de l’action de Relogeas. Les sources sont très diverses. Tout d’abord, les propriétaires qui cèdent leur bâtiment « améliorable » à Relogeas pour une période supérieure à 9 ans. Ensuite, des dons privés qui permettent à l’asbl d’acquérir et rénover des bâtiments améliorables. Relogeas est aussi partenaire des pouvoir publics et obtient des subventions de la Ville de Charleroi (via le volet ‘Ancrage communal’ du plan logement de la Région wallonne) et de la Région wallonne (logements de transit et d’insertion). Enfin, l’asbl est soutenue par le Fonds du logement.
Une arrivée chahutée
À son arrivée en 2001, le ministre wallon du Logement est Michel Daerden (PS). « Sa vision est très budgétaire », résume Anne-Catherine Rizzo. Les plans de restructuration circulent. Le bruit court qu’il veut arrêter les logements d’insertion et de transit pour concentrer toute l’action du ministère à un pôle ‘crédit social’ et à un pôle ‘logement social’. « Il ne faut pas oublier que le logement est le fonds de commerce du clientélisme politique », glisse-t-elle. Le Fonds du logement n’est pas non plus très favorable aux projets de réformes. Notamment, parce qu’il tire le financement des aides locatives des bénéfices des crédits hypothécaires. Durant l’été 2001, la Belgique exerce la présidence européenne et on annonce un grand colloque sur le logement comme outil de cohésion sociale. « Un peu paniquée par les bruits de couloirs, je téléphone à différents confrères et on se retrouve tous à ce colloque où nous nous concertons de manière assez large », se rappelle-t-elle. Le ministre Daerden fait la sourde oreille à leurs appels et ne les reçoit pas. Elle ne s’en laisse pas conter et écrit à Elio Di Rupo. « Le PS disait dans son programme vouloir la collaboration du secteur du logement avec les associations. Fallait savoir ! » Une délégation composée d’associations aussi bien carolos que liégeoises est reçue à l’Institut Émile Vandervelde. « Notre discours est clair. Si on arrête, les plus démunis seront à la rue. » De son côté, le Fonds du logement fait pression sur le cabinet de Michel Daerden qui reçoit finalement les associations trublionnes en décembre 2002. Son message ? L’associatif n’est pas fédéré, il n’y a donc pas d’interlocuteur. Cela ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Anne-Catherine invite la centaine d’associations actives dans le secteur.
À l’époque, le texte sur les Associations de promotion du logement prévues par Taminiaux en 1998 (parti en 1999) n’est pas encore mis en application. « Ce sera un autre combat. On finit par créer une concertation du secteur le 19 mars 2003 à Namur. Nous sommes quarante associations actives dans le secteur à créer le RapeL, une association de fait formant le réseau des associations de promotion du logement. « On se ‘Rapel’lera au bon souvenir du ministre », déclare Anne-Catherine en prenant la présidence de l’association avec David Praile de Solidarités Nouvelles et Stéphane Gérard, à l’époque responsable d’une association et actuellement directeur de l’AIS Nord-Luxembourg, comme vice-présidents. Le ministre Daerden met entretemps son plan en stand-by…
Association de promotion du logement
La reconnaissance du statut des APL fera l’objet d’un autre combat moins ardu mais tout aussi important. C’est finalement en 2004 qu’un arrêté pour agréer et financer les APL est revu en concertation avec le RaPeL. Dans cet arrêté, le ministre institue le Fonds du logement comme structure faîtière des organismes à finalité sociale (les APL, les agences immobilières sociales et les Régies de quartiers qui se structurent au sein du réseau Elis). « Il s’agissait encore d’une tactique pour nous diviser et tenter de nous fâcher avec le Fonds du logement. Encore raté ! On a travaillé en bonne intelligence avec eux », s’esclaffe Anne-Catherine Rizzo. Les APL acceptent d’autant plus facilement cette tutelle qu’elle se concerte avec le Fonds. « Nous n’avions pas la volonté d’exercer une tutelle, explique Luc Laurent, alors directeur du Fonds du logement, aujourd’hui à la retraite. Nous avons créé le concept de Cococonfi pour conseil, coordination, contrôle et financement. Le risque était réel car les associations restent fragiles. Les équipes sont réduites, les emplois précaires. Allaient-elles survivre ? Réussir à résister dans la longueur aux lourdeurs administratives ? Le ministre voulait-il nous refiler la patate chaude ? Je ne saurais l’affirmer. »
Les associations introduisent alors leur demande d’agrément et de financement au Fonds du logement qui en vérifie le fondement et la légitimité et transmet son avis au ministre. Pour recevoir l’agrément, les associations doivent remplir une des missions suivantes, favoriser l’intégration sociale dans le logement par la mise à disposition d’un logement décent, procurer une assistance administrative, technique ou juridique relative au logement prioritairement aux ménages en état de précarité, mener des projets expérimentaux en matière d’intégration sociale, juridique ou architecturale.
En mars 2005, Relogeas est agréée et financée comme association de promotion du logement (APL) par le ministre du Logement de l’époque, André Antoine (CDH). Elle reçoit son premier subside pour assurer partiellement les coûts de fonctionnement et les charges salariales. Le fonctionnement est assuré, d’une part, par les faibles loyers perçus auprès des locataires et, d’autre part, grâce aux dons privés. La Région wallonne et le Fonds du logement financent ponctuellement une partie des rénovations des logements insalubres améliorables.
Législation
Dans un arrêté du 10 juin 1999, le ministre wallon du Logement Willy Taminiaux fixe les conditions d’agrément et de subventionnement des associations de promotion du logement (extrait).
Cet arrêté est ensuite abrogé par un arrêté du Gouvernement du 23 septembre 2004 qui englobe et coordonne les législations sur tous les organismes à finalité sociale actifs dans le secteur, les régies de quartiers, les agences immobilières sociales et les associations de promotion du logement. Les articles 18 à 22 sont consacrés aux APL.
L’arrêté est encore modifié le 22 novembre 2007, le 31 janvier 2008 et le 22 décembre 2009.
Plus d’infos et législation complète, http://www.flw.be/associations-de-promotion-du-logement.
Cette décision a permis de stabiliser le travail de l’équipe. Pour elles, il est très important de garder le côté convivial. L’équipe et la direction travaillent en (petit) plateau. La coordinatrice aime entendre ce qui se passe, les réactions de terrain, les attentes des locataires. Toute l’équipe prend ses vacances en même temps – une semaine à Pâques, une semaine à Noël et trois semaines l’été. « Dans l’équipe, tout le monde sait un peu tout ce qui se passe. Ce statut, on le mérite parce qu’on est à l’écoute et qu’on a osé, malgré toutes les difficultés, y aller et garder le cap », assure Anne-Catherine Rizzo.

Tout le monde travaille sur le même plateau
Les missions de l’asbl
Extrait des statuts de l’asbl publiés au Moniteur belge du 5 octobre 1995. L’association a pour but de contribuer à la mise en œuvre du droit à un logement.
« L’association poursuit une des missions ou les missions suivantes :
1° favoriser l’intégration sociale dans le logement par la mise à disposition d’un logement décent répondant aux normes minimales de salubrité en vigueur, fixées par le Gouvernement wallon, déterminant les critères de salubrité en vigueur, le caractère améliorable ou non des logements ainsi que les critères minimaux d’octroi de subventions.
2° Procurer une assistance administrative, technique, juridique relative au logement prioritairement aux ménages en état de précarité.
3°Mener des projets expérimentaux.
Par ailleurs, l’association réalisera ses buts notamment par le biais des activités suivantes
• Réhabiliter des bâtiments en vue d’en faire des logements.
• Favoriser la réinsertion de personnes exclues du marché de l’emploi par la remise en état de ces bâtiments et leur entretien ultérieur.
• Proposer des logements en bon état à des personnes confrontées à de graves problèmes de logement, notamment les sans-abri et les personnes à faibles revenus.
• Développer la participation des locataires dans un esprit coopératif.
Elle peut accomplir tous les actes se rapportant directement ou indirectement, en tout ou en partie, à son objet. Elle peut notamment prêter son concours et s’intéresser à toute activité similaire à son objet, ou pouvant en amener le développement ou en faciliter la réalisation. »
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