Chapitre 5 : Prospectives
Date de publication : 16/07/2010
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : Relogeas, Charleroi, logement, Germoir, maisons, QCAF, Monceau, Vanthournhout, locataire, Spinoit, Bricoult, Rizzo, insertion, APL, loyer, immobilier, économie sociale
Publication de l'ouvrage : Mme. Charlotte Quevedo le 16/07/2010 à 15:17
Dernière modification : Mr. Labiso Newsletter le 22/07/2010 à 09:37
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mme. Charlotte Quevedo le 17/07/2010 à 23:24
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Un développement à gérer
Tant de projets menés en si peu de temps. Récemment, le CA a eu besoin de faire le point et de dégager des axes prioritaires dans les multiples pistes de développement qui s’ouvrent. Ainsi toute l’équipe s’est retrouvée au vert. Bernard Spinoit résume assez bien la situation. « C’est un peu le retour des paillettes... À la suite à nos différents succès comme l’obtention du prix de l’économie sociale et la visibilité médiatique qui en a découlé, nous sommes beaucoup sollicités. L’équipe et la direction saturent. Doit-on encore se lancer dans de nouveaux projets ou plutôt l’éviter ? C’est toute la question».
Il est vrai que le parc s’agrandit. S’il est de 25 logements aujourd’hui, il sera de 36 dans deux ans à peine. La demande existant, la tentation est grande d’encore augmenter. « Si oui, comment s’en donner les moyens ? Cela pose la question de développement de l’association qui doit aussi garder son dynamisme et sa réactivité. Si on le fait, comment s’y prend-on ? Les moyens publics sont plutôt à la baisse. On doit donc s’aiguiller vers d’autres solutions », explique le président.
Anne-Catherine Rizzo ne dit pas autre chose. « Le processus actuel est dû à un gros questionnement. Les gros chantiers ont des imprévus qu’on doit supporter. Pour une petite structure, c’est assez lourd. J’ai décrit l’exemple de Gilly. On se doit de saisir les opportunités car les besoins sont réels. Mais la gestion est éreintante », lâche-t-elle.
Les choix sont difficiles à faire. Ainsi, il y a quelques mois, le CA avait pris comme ligne directrice de ne plus s’investir que dans des projets sur lesquels l’asbl possèderait un droit réel, au minimum une emphytéose de 27 ans. « Patatras ! Le lendemain même de ce CA, le Fonds du logement nous contacte. Recevant une proposition de mandat de gestion de deux maisons à Montigny-le-Tilleul qui n’est couverte par aucune AIS, ils nous proposent que la propriétaire nous en confie la gestion comme opérateur. Mais la convention porterait sur neuf ans », se souvient Anne-Catherine. Le CA aborde la proposition et trouve le projet intéressant. Ce faisant, il revient sur sa ligne directrice. « Et cela n’arrête pas. On reçoit toujours d’autres demandes comme le projet Bethléem du Cardinal Danneels ou des magasins d’économie sociale soucieux de faire occuper leurs étages », poursuit la coordinatrice. Il existe aussi une idée autour d’un « hôtel social » avec Avanti. « C’est un projet qui pourrait se développer pour l’insertion des justiciables. Certains d’entre eux pourraient sortir le week-end s’ils disposent d’un point de chute ‘fiable’. Nous pourrions être reconnus par la prison pour un tel dispositif », soutient Anne-Catherine.
Des lignes directrices de développement
Alors, l’adoption de lignes directrices s’impose pour faire les choix. Diverses pistes de développement sont sur la table.
Tout d’abord, la création d’une société immobilière sociale, sorte de coopérative d’investissement en lien avec une institution bancaire. Ensuite, l’idée d’accepter des chantiers de rénovation destinés à la vente pour assurer le financement d’autres projets fait son chemin. Le développement durable faisant aussi partie des intérêts de l’association, on trace la perspective de développer des fabriqués durables.
« Aujourd’hui, le feu vert du CA est clair. On doit se préparer à grandir, faire un plan budgétaire avec toutes les pistes dont il faut étudier les aspects légaux et les conséquences », préfigure la coordinatrice.
Beaucoup de questions se posent comme la distinction de l’acquisition du bâti de celle du sol ou encore la prise de parts dans une société immobilière sociale par une institution financière. « Les banques peuvent avoir un apport essentiel grâce à leur expertise financière, par exemple sur les avantages fiscaux, des domaines qu’on ne maîtrise pas », s’excuse presque Anne-Catherine. La piste du projet Vesta développé par la Région wallonne offre une possibilité de financement à ce type de projet.
On parle aussi des habitats groupés. « Habitat et Participation a assez bien travaillé sur ce concept d’auto-constructions ‘groupées’ notamment en visitant des réalisations effectuées en Angleterre », souligne Bernard Spinoit.
Il y a aussi le développement de l’éco-construction comme créneau dans lequel QCAF aurait un rôle important. Cette dernière idée pourrait renforcer le binôme Relogeas-QCAF. L’intérêt est commun. QCAF a les reins solides au niveau financier ce qui aidera Relogeas. Ils y gagneraient des chantiers réguliers dans cette filière d’avenir.
Enfin, Anne-Catherine n’oublie pas son rôle fédérateur. Elle veut aussi garder du dynamisme pour créer d’autres APL. « J’ai aussi un tempérament que je ne sais pas cacher », nous confie-t-elle dans un sourire.
Rester innovant
Mais la priorité reste l’humain. L’aspect informel, convivial et familial de l’accueil est très important dans la démarche du projet. Une humanité peu existante dans le secteur du logement… « Nous ne voulons pas devenir un société de logement social. Notre décision est de devenir un laboratoire d’innovations sociales dans le domaine du logement », définit Anne-Catherine comme objectif. Le développement de l’équipe devrait donc se faire dans ces limites pour ne pas dépasser huit à dix personnes.
Relogeas entretient de bonnes relations avec les pouvoirs publics. « Il faut trouver les bonnes personnes au bon moment. C’est Philippe Maystadt, qui nous a beaucoup soutenus, qui me disait que les pouvoirs publics peuvent réagir quand ils sont confrontés à de bons projets. Il n’avait pas manqué de le faire quand Roger Van Thournout avait débuté QCAF ». Une piste de collaboration avec la BEI (Banque européenne d’investissement dont Maystadt est le président) demande-t-on en riant ? « Pourquoi pas, mais cela ne peut qu’être dans le cadre d’un vaste projet qui nous dépasserait largement », répond Bernard Spinoit.
Aujourd’hui, l’hypothèse est plutôt à l’obtention d’un statut de projet-pilote. Bernard Spinoit fait le constat que les projets-pilotes sont toujours bénéficiaires de leur originalité et de leur dynamisme. « Après une première phase, c’est toujours plus compliqué. Quand il faut institutionnaliser les choses et passer au stade décrétal, c’est évidemment plus éloigné des premiers constats du terrain. On l’a vécu dans le décret EFT. On le vit aussi dans les AIS où le dynamisme du terrain est limité par l’institutionnalisation », décrit-il.
Cette démarche est issue d’une forte volonté de garder de son autonomie conçue comme une richesse qui oblige à convaincre. Donc d’arriver à un niveau d’excellence. Le pari est déjà gagné !
Coco a-t-elle un logement décent ?
Coco est une callopsitte. La callopsitte élégante (Nymphicus hollandicus) ou simplement Callopsitte ou encore Perruche nymphique est une espèce d’oiseau australien. C’est la seule espèce du genre nymphicus. Comment Coco est-elle arrivée à Relogeas, locataire clandestine depuis plus d’un an ?
« C’est une locataire qui a fait un incident cérébral. On l’a accueillie dans l’urgence et la locataire n’était plus, par la suite, en état de s’en occuper. On l’a adoptée ! Evidemment, on peut se demander si son logement est décent. Elle n’est pas loin d’avoir la plus grande place dans le bureau… Pendant nos congés, elle est recueillie par nos amis du Germoir ou d’Avanti. Coco fait partie de l’équipe. Elle distrait les enfants quand les parents soumettent leurs problèmes de logement aux assistantes sociales. Elle apporte une touche conviviale au bureau. Les personnes qui viennent pour la première fois au bureau se détendent à la vue de l’oiseau. À Relogeas, on souhaite que ce soit, malgré les situations vécues, un havre chaleureux où on peut poser ses 'valises' trop lourdes à porter et trouver du soutien. »

Coco, le locataire des bureaux !
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