Labiso N°111

Les Hirondelles, à Assesse
Centre d'accueil pour Mena

Sommaire



 
 
Le centre d’accueil pour mineurs étrangers non accompagnés (Mena) « Les Hirondelles », à Assesse, a la particularité d’organiser une structure spécifique réservée aux jeunes de moins de dix-huit ans. Vingt-huit résidents y vivent. Ils sont soutenus dans leur parcours scolaire et administratif par une équipe dont le projet pédagogique tient de la vie de famille, de la vie en groupe, des apprentissages et de la transmission.

Chapitre 2 : Intentions et services

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 24/08/2010
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Mots clés : Hirondelles, Mena, Assesse, jeunes, centre, accueil, mineur, étranger, non-accompagné, hébergement, Maillen, Crutzen, enfant

Publication de l'ouvrage : Mme. Charlotte Quevedo le 24/08/2010 à 15:31
Dernière modification : Mme. Charlotte Quevedo le 25/08/2010 à 15:45
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mme. Charlotte Quevedo le 25/08/2010 à 11:38
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Les Hirondelles ont plusieurs priorités : d’une part recréer une ambiance familiale et restaurer la confiance des jeunes dans un projet personnel qui tienne la route par rapport aux contraintes qui les entourent ; de l’autre accompagner la procédure de demande d’asile et la recherche d’une solution durable en bonne intelligence avec le tuteur qui endosse cette responsabilité. Le centre doit aussi répondre à certaines obligations, comme celle de scolariser les jeunes, de leur assurer les soins nécessaires, de développer leur ouverture sur la société d’accueil… Toutes ces obligations sont notamment régies par la Loi Accueil, qui est elle-même la traduction d’une directive européenne garantissant les critères minimaux de l’accueil. L’ILA collabore également avec l’Aide à la jeunesse, dont elle respecte le Code de déontologie et les exigences pédagogiques.

Elle est originaire d’Angola ; elle a douze ans. Orpheline de père et de mère, elle a été adoptée par un couple portugais, qui l’abandonne en Belgique avec vingt euros en poche. Après un court passage en centre d’observation, elle est prise en charge provisoirement par une structure de l’Aide à la jeunesse flamande, tout en fréquentant une classe passerelle francophone à Bruxelles. C’est une très bonne élève, qui arrive à Namur avec un jury d’intégration l’autorisant à rejoindre directement une 1ère générale.

Extrait de L’accompagnement scolaire des mineurs non accompagnés
Collectif du projet FER, Fédération des CPAS, 2008.

L’école

Arrivé au centre le vendredi, à l’école le lundi ! Quel que soit le traumatisme, quelle que soit son histoire, chaque nouvel arrivant est inscrit dans la classe passerelle de l’Institut technique de Namur ou de l’Institut Henri Maus avant d’être orienté vers un établissement adapté à son niveau et à son projet scolaire. Pour les jeunes, saisir la chance que représente l’école dans leur parcours n’est pas toujours évident. Pas toujours évident non plus de leur faire comprendre que l’école est obligatoire et qu’ils doivent obtenir des résultats positifs...

Pour certains, ça coule de source, pour d’autres c’est la panique : ils sont en échec, non pas parce qu’ils sont nuls mais parce qu’ils ont du mal, parce qu’ils n’ont pas été scolarisés auparavant, parce que leurs parents n’en avaient pas les moyens… Ce sont deux mondes qui se rejoignent de manière brutale et ce n’est pas facile. « Bien sûr, il y en a qui décrochent », regrette Julie Mercier, la référente scolaire du centre. Julie fait partie de l’équipe d’éducateurs. Sa formation d’institutrice maternelle et son goût pour l’enseignement l’ont naturellement guidée vers le suivi des devoirs des jeunes. Elle travaille avec eux en soirée, parfois tard, comme le lundi ou elle leur propose en plus des séances de remédiation. « Ils sont généralement preneurs, dit-elle, mais ce n’est pas facile car ils sont toujours dans l’urgence de leurs devoirs du lendemain. Ils ont du mal à se projeter. C’est propre à tous les jeunes mais peut-être davantage encore à ceux-ci. » Les obstacles au bon déroulement de leur scolarité sont nombreux, psychologiques, bien sûr, mais aussi organisationnels.

L’absentéisme n’est pas nécessairement du carottage. « Ils ont des rendez-vous médicaux réguliers, explique Julie Mercier. Et puis il y a les convocations administratives. Ils loupent des demi-journées entières, loupent la matière, les explications, prennent à nouveau du retard… Ils ont déjà des difficultés, c’est une accumulation. » Quelques-uns sont cependant très motivés. « Ils font tout pour réussir mais je ne mets pas ma main à couper qu’ils y arriveront, regrette-t-elle. Je les encourage, je leur dit que leur attitude est bonne, qu’il faut continuer comme cela parce que beaucoup de choses se décident en conseil de classe. »

Ces jeunes ont un rythme de vie extrêmement fatigant, c’est une vie en communauté, une vie bruyante, avec peu de repos. « On se plaint souvent qu’ils ont du mal à se lever le matin, remarque Julie. Ils doivent être debout avant 6h30, prendre une douche, déjeuner, préparer leur pique-nique et quitter la maison à 7h10 ! Quand ils rentrent vers 17 heures, il arrive que certains se plongent dans la sieste avant d’attaquer le repas et leurs leçons. Le soir ils se couchent tard, il y a souvent beaucoup de bruit, de la musique, une dispute, un problème, des scènes d’angoisse la nuit. Un jeune qui ne se sent pas bien peut avoir besoin de parler, ou juste d’embêter les autres parce qu’il est ado. » Cela ressemble à une vie en colo mais pour eux c’est toute l’année…

L’école partenaire

Il a aussi fallu trouver la bonne fréquence de dialogue avec le monde scolaire. En collaboration avec El Paso, un autre centre d’accueil pour Mena à Gembloux, et la Fédération des CPAS de l’Union des villes et communes de Wallonie (UCVW), les Hirondelles ont lancé un projet triennal dont le but est de voir ensemble où l’accompagnement scolaire pose problème, de mieux comprendre le fonctionnement des écoles et, inversement, que les écoles comprennent ce qu’est la vie dans un centre. « Nos regards croisés étaient peu constructifs, concède la directrice. On râlait parce que l’école ne tenait pas compte de l’histoire du jeune et de l’autre côté, l’école trouvait qu’on n’était pas fichus d’ouvrir un journal de classe ! »

Les résultats des jeunes, autour de 60 % de réussite, n’étaient pas très encourageants non plus. La mise à plat des problèmes et la réflexion collective a abouti à la rédaction d’une brochure sur la professionnalisation de l’accompagnement scolaire des Mena, un guide de référence pour le secteur.

La procédure de régularisation

Ces jeunes vont-ils obtenir le statut de réfugié ? Dès leur arrivée, Stéphanie Léonard, la juriste du centre, les accompagne dans les arcanes de la procédure : administration communale, Office des étrangers, Commissariat général aux réfugiés et apatrides (CGRA)… « Dans notre monde, la vie des gens dépend des papiers qu’ils ont ou qu’ils n’ont pas », résume-t-elle.

Malgré son aspect bureaucratique, son travail (à temps plein) est essentiellement un accompagnement humain. Elle n’est pas le premier interlocuteur à leur poser ces questions en apparence anodines : « quel est ton nom, quel est ton âge, qui sont tes parents ? ». Raconter ce qu’ils ont vécu est une épreuve terrible et faire entrer ce récit dans les cases des documents du CGRA est une gageure. Elle les aide à trouver le chemin le plus juste pour eux et à retrouver des traces fiables de leur parcours. C’est parfois un véritable exercice d’investigation car certains n’ont aucun document, aucun nom de localité à fournir. Internet vient à la rescousse. Un souvenir, un croquis, une photo aérienne qui y correspond et c’est une piste qui s’ouvre. « On est parvenu de cette façon à identifier un village et à envoyer du courrier pour obtenir une preuve qu’un jeune y avait vécu auparavant », raconte Stéphanie.

 Sa tâche est aussi d’une grande précision, elle donne des arguments à l’avocat du jeune comme lorsque, dans un dossier, le CGRA a confondu « chef de quartier » et « chef coutumier ». C’est elle d’ailleurs qui a contacté des associations locales pour prouver que ce chef coutumier existait et trouver où il habitait.

Les repères des jeunes dans l’espace ne sont pas les mêmes que les nôtres, leurs repères dans le temps non plus. Qu’évoquent par exemple les vacances pour un enfant qui n’a pas été scolarisé ? Stéphanie construit avec eux une ligne du temps sur laquelle ils pointent des jalons plus personnels : la naissance d’un petit frère, la fête nationale du pays, le ramadan. De cette façon, la juriste parvient à fixer des périodes plus ou moins claires. 

Il arrive en Belgique peu avant ses dix-huit ans. Il vit dans la fuite et l’exil depuis sa toute petite enfance. À son arrivée au centre, il conserve son manteau sur ses épaules durant plusieurs mois. Il reste très solitaire et taciturne, ne se confie ni ne se livre. Après les classes passerelles, dans lesquelles il restera longtemps, il se retrouve en 4P électricité où il est complètement perdu et doit finalement accepter de réintégrer une 3P. Dans l’impossibilité de prouver son identité et son origine rwandaise, il ne peut prétendre à aucune régularisation de sa situation. À sa majorité, il est parachuté en autonomie à Namur, où il se renferme de plus en plus et perd complètement pied scolairement.

Extrait de L’accompagnement scolaire des mineurs non accompagnés
Collectif du projet FER, Fédération des CPAS, 2008.
Le centre est responsable de l’accueil des jeunes et de leur accompagnement éducatif. Ceux-ci bénéficient également des services d’un avocat et du soutien d’un tuteur dont ils sont sous la responsabilité. C’est lui qui se charge des documents et des démarches, en lien avec la juriste du centre.

Les tuteurs établissent cependant un lien variable avec le jeune qu’ils suivent. « Certains sont très présents et interventionnistes, ils reçoivent le jeune chez eux. Il y en a d’autres qu’on ne voit jamais, mais, globalement, la collaboration est positive. Nous travaillons dans la transparence maximale », souligne la directrice.

Recrutés et agréés par le Service des tutelles qui dépend du ministère de la Justice, les tuteurs ont pour mission de trouver la meilleure solution durable pour les jeunes à leur sortie du centre, ils sont les garants que leurs droits sont respectés et qu’on agit dans leur intérêt. Représentant l’autorité parentale en Belgique, ils accompagnent obligatoirement les jeunes lors de leurs auditions au CGRA et à l’Office des étrangers. Des auditions auxquelles Stéphanie assiste parfois, car il n’est pas rare qu’un jeune perde conscience en plein récit, qu’il présente des amnésies, des problèmes cardiaques ou des signes de décompensation ou qu’il soit dans l’incapacité de raconter. Elle lui apporte le soutien psychologique nécessaire.

« Certains ont des réactions très fortes, dit-elle, notamment ceux dont le récit est particulièrement rude. Ils savent que j’ai déjà entendu ce qu’ils vont dire, on a fait ce travail ensemble. Parfois c’est tellement douloureux qu’ils se demandent comment ils vont pouvoir le dire à une personne qu’ils ne connaissent pas. » C’est un combat d’arriver à « dire » et le simple fait d’être présente à leurs côtés, qu’ils puissent lui tenir la main ou croiser son regard, les aide considérablement.

Aussi pénible que ce soit, raconter leur histoire est pourtant indispensable. « On sait que le récit est une violence en soi et qu’il réactive les traumatismes mais si on ne raconte pas on ne sera pas pris en compte », observe la juriste.

La technique des récits de vie

Comment raconter ? Que dire ? Par où commencer ? La technique que Stéphanie Léonard utilise s’apparente à la thérapie et à la littérature. Il s’agit plutôt d’un récit dirigé, avec des passages obligés sur les origines par exemple, les ascendants. Les jeunes ne s’y plient pas par plaisir, ni par envie. C’est une technique que le centre leur propose pour les aider à se reconstruire.
 
Ce travail de mémoire et de narration a des effets dans la structuration de leur mémoire. Certains jeunes ont vécu des choses violentes et n’ont jamais raconté ce qui leur était arrivé, ils n’en ont jamais parlé à personne et n’ont donc jamais réussi à prendre de la distance. Ils vivent constamment le nez dans leurs problèmes. Ici, ils mettent leur récit à plat et ils partagent leur souffrance avec quelqu’un, ils ne sont plus tout seuls à savoir ce qu’il s’est passé. « Pour certains, ne plus être seul, c’est précisément ce qui est difficile, observe Stéphanie. Pour d’autres en revanche, c’est un soulagement. »

Dans de rares cas – c’est arrivé pour une fillette de douze ans –, vu l’impossibilité pour le jeune de parler, le CGRA a accepté que le centre lui transmette son récit de vie. « Ce qui est important, insiste la juriste, c’est que ces jeunes puissent s’exprimer d’une façon ou d’une autre. Ils ont besoin d’être acteurs de leur procédure, car c’est leur vie qui se joue. »

Le contact et la confiance qui vont s’établir avec le jeune sont les meilleurs atouts de la juriste. Elle est là pour faire le tri, pour l’aider, estimer ses chances en introduisant telle ou telle procédure. « On accompagne son projet, son parcours de vie, mais il reste au centre de la décision. Ce n’est pas parce qu’il a quinze ans ou seize ans qu’on va décider à sa place, précise-t-elle. Mais quand on sent qu’il s’oriente vers une impasse il faut aussi pouvoir le lui dire. On essaie de le confronter à la réalité. » Arriver en Europe était un but en soi, c’est aussi le début d’une nouvelle galère. L’heure est aux désillusions ; la vie en Belgique, et a fortiori dans un centre d’accueil, n’a rien à voir avec ce qu’ils imaginaient. Envolés les rêves de fortune ! Une première épreuve, c’est de se retrouver dans une structure du CPAS avec 6 euros d’argent de poche par semaine…

En 2006, il a seize ans et vit avec ses parents à Atchoi-Martan, en Tchétchénie. Il a deux frères, dont un engagé dans l’armée tchétchène et un autre qui vient récemment de disparaître. Peu de temps après la disparition de son frère, l’armée et la police russes débarquent dans sa famille et lui demandent s’il sait où se trouve son frère tout en lui indiquant qu’ils vont revenir rapidement pour obtenir la réponse. Suite à cette menace et ignorant tout de la disparition de son frère, il décide de prendre la fuite. Craignant pour sa sécurité, il se rend jusqu’en Ukraine en minibus puis traverse toute l’Europe seul, dans le train arrière d’un camion, pour arriver en Belgique. Le voyage dure plusieurs jours. A son arrivée, le jeune est en état de stress aigu et très amaigri. Son projet est avant tout de retrouver une certaine sérénité. Le problème est que l’obligation scolaire nous oblige à lui proposer un enseignement de type classe passerelle. Il ne parle que sa langue et les conditions de communication sont dès lors rendues extrêmement difficiles. Inquiet pour les autres membres de sa famille, dont il pense qu’ils ont également pris la fuite, il n’est pas dans un état mental propice à un démarrage scolaire. Il va pourtant se rendre à l’école dans les deux jours de son arrivée au centre, suivre l’enseignement du français et faire comme si de rien n’était. Sa situation personnelle en Belgique est plus que précaire, il n’a aucun document d’identité et doit donc demander l’asile. Pour cela, il doit se préparer à un grand oral organisé par l’Office des étrangers, ce qui le déstabilise énormément. À l’école, il faut être là à l’heure, savoir être attentif et rester concentré. Personne ne se pose la question de savoir ce que vient de vivre le jeune et comment il se sent. Les débuts sont très difficiles. Il fera plusieurs fugues avant de retrouver, par chance, sa maman et un de ses frères. L’histoire ne dit pas ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Extrait de L’accompagnement scolaire des mineurs non accompagnés
Collectif du projet FER, Fédération des CPAS, 2008.

La santé

Il n’y a pas de psy dans l’équipe des Hirondelles, mais de nombreux thérapeutes gravitent autour du centre : ethnopsy, kinésiologue, ostéopathe, praticien en hypnose EMDR (une méthode thérapeutique principalement utilisée dans le traitement des traumatismes psychologiques), associations spécialisées (Clinique de l’exil, Solentra, Exil, D’ici et d’ailleurs). Des psychologues et des psychiatres « classiques » peuvent également être consultés, mais les jeunes sont rarement dans un système culturel permettant d’utiliser immédiatement la parole comme on le fait ici dans nos références thérapeutiques.

« On doit souvent passer par le corps pour amortir les douleurs physiques et psychiques des traumatismes, explique la directrice. On doit parfois traiter des envoûtements vaudous, 'négocier' symboliquement avec un sorcier ou un marabout. On peut en sourire mais, quand un individu est dans un tel système de croyances, ça ne sert à rien de lui dire que c’est juste un cauchemar et que ça va passer… »

Le centre est relativement bien outillé pour gérer les gros problèmes existentiels (ce jeune est-il fils de génocidaire ou de victime ? Il ne le saura peut-être jamais et il lui faut faire avec cela). Les problèmes quotidiens sont d’un autre ressort : ils constituent chaque jour un sacré défi d’organisation dans un véritable « sac de nœuds »…

Elle arrive en Belgique après une opération qui la rend particulièrement vulnérable. Originaire de Kigali, elle fait une demande d’asile que l’Office des étrangers déclare irrecevable. Un recours urgent est accepté et la jeune fille peut enfin être entendue comme victime du génocide. Elle souffre de multiples traumatismes après avoir été témoin à l’âge de cinq ans de l’enlèvement de sa mère et de l’assassinat de son père et d’un de ses frères. Elle est persécutée depuis qu’elle a reconnu et dénoncé les bourreaux de sa famille. Menacée, elle a porté plainte dans un commissariat où elle a été violée par les policiers. Elle vit dans un climat de terreur et se révolte contre le sort de sa maman, atteinte du Sida qu’elle a par ailleurs transmis au petit frère né des viols. La jeune fille souffre d’insomnies, de cauchemars, parfois de prostration et de décompensation thymique. Elle passe par des phases dépressives, surtout lorsque sa mère disparaît à nouveau de manière inquiétante. Elle souffre de troubles cognitifs et d’une grande fatigue qui handicapent sa capacité de concentration. Malgré un excellent niveau scolaire à la base, elle est en échec.

Extrait de L’accompagnement scolaire des mineurs non accompagnés
Collectif du projet FER, Fédération des CPAS, 2008.







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