Chapitre 3 : Les bénéficiaires: côté pile...
Date de publication : 31/03/2012
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : emploi, trouble, psychiatrique, réhabilitation, professionnelle, travail, psychiatrie, bénéficiaire, hopital, rechute, maladie, métier, psy, employé, obstacle,Le soutien en emploi
Publication de l'ouvrage : Mr. Labiso Newsletter le 31/03/2012 à 16:27
Dernière modification : Mr. Labiso Newsletter le 10/04/2012 à 10:18
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Publication de la page : Mr. Labiso Newsletter le 10/04/2012 à 13:20
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Mercredi, début d'après-midi. Je déambule dans les rues grises de Marchienne-au-Pont. Entre l'Église Sainte-Rita et la Mosquée Alaadin : l'Espace Citoyen « Porte Ouest » du CPAS de Charleroi. C'est ici que se déroulent les « groupes de parole » qui réunissent les bénéficiaires du programme. Un groupe d'une dizaine d'entre eux m'accueille, le regard curieux et interrogatif. Très vite, les langues se délient…
Pour des raisons évidentes, les noms des bénéficiaires ont été modifiés dans les extraits ci-dessous.
Témoignage de Jacques« Je suis dans le groupe depuis deux, trois ans. Mon métier c'est horticulteur. Mais je n'ai jamais exercé. J'ai fait différents stages dans ce secteur mais ça n'a jamais bien fonctionné. Pour le moment, je suis en invalidité, sous la mutuelle. Accéder à l'emploi... J'ai du mal à faire le premier pas. Ça me fait peur. Il me faut plus de bagages. J'ai peur de ne pas être à la hauteur. Dans le travail, dans les trajets à effectuer... Parfois je ne fais rien et puis tout d'un coup j'ai envie de tout faire. Mais il n'y a jamais de juste milieu. Je vois un thérapeute mais je trouve que je ne le vois pas assez régulièrement. J'ai mon diplôme de 6ème professionnelle en horticulture. Toutes les bases, je les avais mais il y a 10 ans... Je ne les ai plus. » |
Témoignage de William« Ça fait deux ans que je suis dans le groupe. Je travaille comme employé dans une pompe à essence. Suite à des crises d'angoisse, j'ai commencé une thérapie de groupe et un suivi psy. Concernant le travail, j'ai des hauts et des bas du point de vue de ma santé mentale. Pour le moment, je ne suis pas très bien. Quand ça vous tombe sur le dos, c'est difficile... Mais avec les années, ça s'espace... Je cherche un emploi avec un côté social, humain. J'ai besoin de travailler avec des gens. Avec mes angoisses, j'ai vécu beaucoup dans la solitude. C'est difficile d'ouvrir les portes, de faire le pas. C'est difficile aussi de trouver le côté humain dans le travail. Le moindre truc me stresse, je suis vite fragilisé. J'ai une engueulade avec mon patron et c'est la fin du monde... Quand je me sens bien, j'ai envie de me rendre utile, mais ça rechute vite. » |
La peur de se lancer, la peur de l'échec, la crainte du regard des autres... La principale difficulté évoquée par les bénéficiaires concernant la recherche d'un emploi réside dans le manque de confiance en soi. Dans le cadre d'un entretien d'embauche auprès d'un nouvel employeur, elles doivent justifier ce « trou » qui fait tache sur leur curriculum vitae. Quand elles reprennent leur ancien emploi, elles doivent faire face au regard de leurs anciens collègues. Certains vont jusqu'à se mettre en une situation d'échec pour éviter de s’y confronter. « C'est vrai que ce sont des personnes abîmées par la vie, confirme Silvano Gueli. Elles vivent une perte de confiance dans leurs capacités à faire aboutir un projet. L'emploi représente pour elles quelque chose d'un peu mythique. »
Ces personnes sont aussi plus vite fragilisées quand elles sont confrontées à des rythmes soutenus et des charges de travail trop lourdes. Manque de concentration, stress et fatigue en sont les conséquences. « Il y a des gens avec qui ça marche et des gens avec qui ça ne marche pas. Avec les employeurs, c'est pareil, explique Christine. S'ils sont compréhensifs et pas trop exigeants au niveau de la rentabilité, ça va. Mais je ne peux pas travailler toute la journée parce que mon énergie est limitée. Je travaille cinq heures et pas plus... » Troubles psychotiques, bipolaires, schizophrénie ou troubles schizo-affectifs, la résurgence des symptômes sur le lieu de travail peut également affecter leur capacité à travailler.

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