Labiso N°132

Socrate Réhabilitation
Le soutien en emploi de personnes avec des troubles psychiatriques

Sommaire



 
 
Trouver du travail quand on a des troubles psychiatriques de longue durée, ce n'est pas une mince affaire. Autre défi de taille : garder cet emploi. C'est pourtant tout l'enjeu du programme "Socrate Réhabilitation" initié par le psychiatre Guy Deleu.

Chapitre 5 : Les bénéficiaires : statuts et ambivalences par rapport au travail

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 31/03/2012
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Mots clés : emploi, trouble, psychiatrique, réhabilitation, professionnelle, travail, psychiatrie, bénéficiaire, hopital, rechute, maladie, métier, psy, employé, obstacle,Le soutien en emploi

Publication de l'ouvrage : Mr. Labiso Newsletter le 31/03/2012 à 16:27
Dernière modification : Mr. Labiso Newsletter le 10/04/2012 à 10:18
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Labiso Newsletter le 10/04/2012 à 13:24
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Dans la recherche d’emploi des personnes porteuses de troubles psychiatriques, au-delà des obstacles « internes » ou liés aux personnes elles-mêmes, les freins sont aussi liés au système de sécurité sociale. Un système qui cloisonne les personnes dans leurs statuts.

Une personne porteuse de troubles psychiques peut être bénéficiaire de l'Inami, du CPAS, elle peut être au foyer, demandeuse d'emploi ou encore dépendre de la Vierge Noire (Direction générale de la personne handicapée). À chaque catégorie, ses conditions d'admissibilité et ses outils d'insertion. Les possibilités de formation, de remise à niveau ou encore d'expérience professionnelle (stages, bénévolat ou essai-métier) diffèrent.

C'est aussi le passage d'un statut à l'autre qui pose problème. Quitter le statut de la mutuelle pour devenir demandeur d'emploi est générateur de stress et d'angoisse. Une barrière psychologique d'autant plus difficile à dépasser en période de crise et de marché du travail saturé. Et c'est sans parler des effets financiers pour le bénéficiaire. Si toute une série d'outils sont proposés par l'Onem ou par les CPAS pour accéder à l'emploi, ils impliquent la perte des allocations de l'Inami et d'une série d'avantages liés à la maladie.

« Je suis allé avec un gars voir des placeurs d’enseignes lumineuses, raconte Silvano Gueli. On est allé chez un patron, puis chez un deuxième. Ils avaient tous les deux du boulot à lui proposer, ça lui a fait un choc. On a dû travailler sur sa disponibilité, sur sa situation. Il s’est rendu compte qu’il y avait de l’emploi et a mesuré ses freins par rapport au fait de travailler. Il était sous le statut de la mutuelle et habitait chez ses parents... »

: Statut des bénéficiaires à l’entrée dans le programme

Il y a donc une réelle ambivalence entre le désir de travail et le « confort » du statut de l'invalidité. Il n'existe en effet pas de système de transition permettant la combinaison d'une vie professionnelle avec la reconnaissance des difficultés liées à la maladie psychiatrique. « C’est difficile en Belgique de sortir du clivage ‘capacité de travail / incapacité de travail’, poursuit Silvano Gueli. C’est en train de bouger un peu actuellement. Il faudrait une transition entre l’incapacité et l’emploi. On essaye en tout cas de travailler cette notion d’intérêt de travailler au-delà de l’aspect financier... »

Les conditions d'admission au projet

  • Souhaiter se (ré)insérer dans le monde du travail ;
  • Habiter la région de Charleroi ;
  • Présenter un handicap psychique depuis au moins deux ans résultant d’une maladie comme les troubles schizophréniques, schizoaffectifs et bipolaires ;
  • Etre suivi par un psychiatre qui marque son accord à la participation de son patient au programme.




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