LABISO laboratoire des innovations sociales  

Cahier Labiso
Périodique N°15
La Traversière à Nivelles
Nos patients ne sont pas seulement des patients

Sommaire


Mon compte



 

Nous remercions, pour son soutien actif, Eliane Tillieux, la Ministre de la Santé, de l'Action sociale et de l'Egalité des chances.

La Traversière à Nivelles propose un projet thérapeutique pour des personnes qui souffrent de pathologies psychiatriques lourdes et handicapantes. La vie en communauté, et l’organisation du quotidien, est un véritable champ d’expérimentation. Au travers d’un travail psychothérapeutique et d’un accompagnement socio-éducatif, c’est un moment de relance de l’autonomie de la personne considérée comme le moteur de son évolution.

Introduction

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/04/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Mots clés : Communauté thérapeutique

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 09:25
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 15:05
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 09:32
Bloc HTML non structuré n°16/395#1 - Nombre de téléchargements : 1532/6342

Contact : La Traversière => contactez-les ici


Tél. : 067/21 95 61
Site Web : http://www.latraversiere.be
Email : info@latraversiere.be
27 rue Georges Willame
1400 Nivelles
BELGIQUE

 

« La Traversière à Nivelles ? »… « C’est juste derrière la gare, numéro 27 »… Quelques indications qui balisent immanquablement l’esprit du visiteur : certainement une maison imbriquée dans une cascade d’autres maisons, avec des fenêtres qui   frémissent au passage des  trains et où le gris se décline avec le gris… On pourrait presque la manquer cette entrée, rue Georges Willame, tellement elle ressemble peu à ce qu’on imagine d’une maison citadine : elle se dresse sous un flot d’air, de lumière et de verdure. Bâtisse imposante avec sa grille d’entrée, ouverte quasi en permanence… Presque la campagne…

 

A l’intérieur, le rez-de-chaussée vit au rythme du petit déjeuner. Toutes les portes s’ouvrent sur un hall d’accueil où s’affiche une grille horaire. La salle à manger et le salon sont de part et d’autre traversés par les rayons du soleil que de larges fenêtres invitent à entrer, ce qui augmente encore l’impression d’un espace ouvert sur l’extérieur… A l’étage : un salon télé, des chambres individuelles et collectives. Il faut sortir et traverser le parvis de la maison pour rejoindre l’autre partie du lieu de vie. Un escalier en colimaçon mène au numéro 26 où se trouvent d’autres chambres mais aussi des salles pour les ateliers, des bureaux. Au détour de couloirs, d’escaliers et de portes, on débouche tantôt dans le jardin, tantôt dans un coin salon, tantôt dans la buanderie…

« La psychose, c’est le contraire de l’espace », écrit Vincent Prouvé, psychologue à La Fabrique du Pré, centre de jour de La Traversière. « C’est la négation de l’espace personnel et psychique. Tout l’espace est occupé par l’autre, par les autres… Alors ce qu’il faut faire, c’est laisser l’espace ouvert… C’est de ça qu’a besoin le psychotique, le –"malade" ». D’un point de vue architectural, La Traversière a voulu offrir un lieu de vie sans vision trop volontariste quant à l’usage et la destination des pièces. « L’espace dans le sens de la grandeur nous a paru important afin de préserver une grande circulation intérieure et répondre à ce qui peut apparaître pour certains comme une errance, un besoin de se poser en un lieu pour en rejoindre un autre sans savoir pourquoi ni de quoi seront faites les minutes qui suivent », écrit à son tour Françoise Vandaele, infirmière sociale de l’établissement.

 

La Traversière est un centre psychothérapeutique de jour et de nuit pour adultes présentant des pathologies psychiatriques. Promotrice d’une psychiatrie alternative, le projet de cette communauté thérapeutique repose sur l’accueil de personnes qui souhaitent quitter l’hôpital psychiatrique et tenter de reprendre une place dans la société ou celles qui ont besoin, pour un certain temps, d’un cadre plus structurant suite à des difficultés psychologiques.

 

Depuis sa création en 1990, La Traversière, qui s’inscrit dans le courant de la Psychothérapie Institutionnelle, a traversé différentes crises qui l’ont amenée à adapter son projet thérapeutique. De même l’évolution de la société lui impose de fréquentes remises en question… Ainsi dans le cadre de la concrétisation de la réforme psychiatrique, La Traversière pourrait ne plus accueillir que 20% de personnes provenant des hôpitaux psychiatriques, actuellement son principal envoyeur.

 

Mais les principes directeurs des options thérapeutiques restent toujours les mêmes : « Chaque patient présente une situation tout à fait singulière qui requiert la mise en place d’un cadre rendant possible un processus thérapeutique. Les coordonnées de ce cadre doivent pouvoir s’articuler souplement en fonction des nécessités : un juste équilibre est toujours à réinventer entre les composantes médico-, socio- et psycho-thérapeutiques du traitement de chaque patient dans la vie quotidienne ».