Chapitre 4 : Un moment de relance de l’autonomie
Date de publication : 01/04/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : Communauté thérapeutique
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 09:25
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 15:05
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Au travers de deux types de séjours, La Traversière propose donc un environnement structurant qui prend en compte à la fois un travail psychothérapeutique et un accompagnement socio-éducatif. Au total 17 possibilités d’hébergement, dont 2 sont réservées à des courts séjours de six mois et 15 à des séjours d’un an, renouvelable une fois. « Les courts séjours s’adressent plus particulièrement à des personnes qui vivent une crise familiale et qui souhaitent respirer ou à celles qui ont fait un séjour hospitalier mais qui peuvent garantir un logement pour après leur séjour ». Ces places –"court séjour" sont beaucoup moins sollicitées, pour l’instant elles sont d’ailleurs inoccupées.
Une année, voire deux… Le long séjour vise le mieux-être personnel pour permettre à la personne de réinvestir une vie sociale satisfaisante. « La communauté est un champ d’expérimentation à transposer ailleurs. La confrontation aux autres, aux limites, aux règles, l’expérience des relations interpersonnelles, l’apprentissage de la maîtrise des problèmes liés à la vie quotidienne, le renforcement de l’identité personnelle et l’estime de soi, l’utilisation des ressources de la vie en groupe… Le lieu institutionnel peut mobiliser le potentiel créateur, susciter l’éveil et offrir une chance de relance de la responsabilité et de l’autonomie ».
Et ce processus commence dès le premier rendez-vous, assuré conjointement par un psychologue et un travailleur social. Ce premier contact est primordial. Il est très personnel. « A chaque fois ça se passe de manière différente. Tant dans la durée que dans son contenu. Tout dépend notamment de la manière dont les personnes arrivent. Parfois, certains ne disent rien, d’autres racontent leur vie. Quoiqu’il en soit nous sommes toujours très attentifs à considérer le caractère volontaire de la démarche. Nous expliquons notre fonctionnement et dès le début nous introduisons la notion de sortie… » En règle générale, c’est après ce premier entretien que le candidat doit manifester son intérêt pour la poursuite de sa candidature. S’il est intéressé, il est invité à passer deux ou trois jours dans la communauté pour se faire une idée de comment cela se passe effectivement. Après cet essai, si la personne maintient sa candidature, les travailleurs qui ont assuré le premier rendez-vous présentent à la réunion de candidature cette candidature pour accord ou non.
Une candidature acceptée ne signifie pas nécessairement entrée immédiate dans l’établissement. Il existe, comme dans pas mal d’autres lieux, une liste d’attente. Elle peut aller exceptionnellement jusqu’à 12 mois. En 2001, la durée moyenne pour les séjours longue durée entre la date d’accord et la date d’entrée était de 3 mois et 18 jours. Que se passe-t-il alors pendant ce délai d’attente? « La personne reste à l’hôpital, ou elle a trouvé une solution intermédiaire, ou encore elle entre dans une autre institution car, souvent, les patients posent leur candidature à plusieurs endroits… Mais pendant cette attente, nous gardons un contact régulier. La personne peut venir une journée par semaine pour commencer à s’intégrer. Car lorsqu’une place se libère, c’est un moment difficile pour celle ou celui qui a attendu longtemps. »
L’entrée en communauté est donc un moment où l’équipe est particulièrement vigilante à la manière dont cela se passe. La prise de possession de la chambre, l’inscription progressive dans la vie quotidienne au niveau des tâches et de la vie commune… Un contrat entre la personne et l’institution a préalablement déterminé la durée du séjour et le type d’activités extérieures et internes auxquelles le résident souhaite participer. Ce contrat est adaptable en fonction de l’évolution de la situation
La semaine d’un résident s’organise au rythme des repas, des réunions, des activités… Sans oublier, pour la plupart d’entre eux, la prise de médicaments. Les heures de repas et de réunions sont fixées ainsi que l’heure du lever vers 8 heures car il y a un travail sur le rythme. Les activités et ateliers sont libres. Le salon télé est accessible à partir de 14h00. Chaque mois, le résident a la possibilité de passer deux nuits à l’extérieur de la communauté. « Par rapport aux sorties non organisées, lorsque l’on sait qu’un résident va s’absenter plusieurs heures, on lui demande où il va, simplement pour savoir si on doit s’inquiéter ou non de son retour… »
