Chapitre 6 : Les travailleurs, des témoins/acteurs
Date de publication : 01/04/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Mots clés : Communauté thérapeutique
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 09:25
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 15:05
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 18/11/2008 à 10:16
Bloc HTML non structuré n°16/401#1 - Nombre de téléchargements : 392/6346
Contact : La Traversière => contactez-les ici
Tél. : 067/21 95 61
Site Web : http://www.latraversiere.be
Email : info@latraversiere.be
27 rue Georges Willame
1400 Nivelles
BELGIQUE
L’équipe de La Traversière compte aujourd’hui 13 personnes. Personnel thérapeutique, personnel ouvrier et secrétariat sont placés sous la responsabilité d’un directeur. Mais c’est le coordinateur thérapeutique qui est attentif à la qualité des liens et des échanges. « La fin étant toujours les soins du patient, chaque partie doit être agencée pour y contribuer. Cette coordination tient donc compte de la fonction du responsable médical, de la vie quotidienne et de la fonction du Club thérapeutique ».
Le travail de l’équipe thérapeutique s’articule autour de temps de permanence dans la vie communautaire, d’un certain nombre de réunions et des ateliers et activités. « La fonction de permanence constitue la colonne vertébrale de l’établissement. Elle vise à garantir le bon déroulement quotidien, elle est un relais entre les résidents et l’équipe et vice-versa, elle est une écoute de l’angoisse et du mal être… Le permanent veille au rythme journalier. Il veille à l’humeur de chaque résident et à l’ambiance dans la communauté de même qu’à l’hygiène corporelle et des lieux de vie. Il est attentif au respect de chacun et gère les conflits entre deux ou plusieurs résidents. Il offre aussi une écoute… Au fond, le permanent est le premier témoin/acteur de ce qui se joue au niveau de la dynamique du résident dans le milieu de vie institutionnel ».
Les réunions d’équipe sont diverses. Récurrentes, elles répondent à la nécessité de faire circuler l’information entre équipe et direction, de gérer les séjours, d’organiser les permanences, d’analyser chaque situation de résident, de prendre des décisions… Chaque semaine la réunion institutionnelle rassemble toute l’équipe autour de la vie de La Traversière, des difficultés rencontrées, des projets à réaliser. La réunion clinique se déroule toutes les deux semaines. Les membres de l’équipe y font le tour complet du suivi des patients accueillis. La réunion de grille a lieu une fois par mois. On y élabore les horaires de chacun en fonction des nécessités. Mais il y a aussi la réunion de candidature. Une fois par semaine, elle regroupe les travailleurs qui assument les entretiens préliminaires, la direction et toute autre personne intéressée par la discussion notamment quand il s’agit de déterminer l’entrée d’un nouveau résident et de son projet. Chaque patient est suivi dès son entrée par une petite équipe qui se réunit en moyenne une fois toutes les quatre semaines. Il y a aussi des séminaires thématiques une fois par mois. L’occasion pour les travailleurs de réfléchir autour de textes en lien avec le projet thérapeutique de La Traversière.
« Une des grande difficultés de notre fonctionnement qui veut laisser la place à la parole des travailleurs autant qu’à celle des patients, c’est que tout le monde a un avis et parfois on ne sait plus très bien sur quoi se reposer pour aller dans telle ou telle direction. C’est à cela que servent les séminaires thématiques centrés essentiellement sur notre projet thérapeutique. A l’appui de textes théoriques, on aborde des questions telles que –"nos patients ne sont pas seulement des patients", "nous sommes responsables de leurs responsabilité", "l’institution dans ses tendances aliénatoires", "la médicalisation de notre pratique", "l’humanité de la maladie"… »
Le projet thérapeutique de La Traversière.`
Extrait.
La théorie et la pratique ne sont pas deux mondes à part, l’une et l’autre sont comme deux pieds de la personne en marche. La Psychothérapie Institutionnelle parle de –"praxis" pour exprimer qu’une théorie sans lien avec la pratique clinique peut tourner court, et risque – comme dans le délire psychotique – de devenir un système fermé sur soi et d’installer une attente d’une ou plusieurs personnes qui « savent ». La théorie est essentielle pour nourrir et questionner la pratique, la pratique donnant la possibilité de développer une théorie qui tient compte de la situation spécifique du lieu.
L’aide individuelle s’effectue la plupart du temps au travers de l’informel, dans les relations quotidiennes au sein de la vie communautaire. Mais aussi dans l’accompagnement social, lorsqu’il s’agit par exemple de gestion de l’argent personnel, et enfin évidemment dans la gestion du traitement psychiatrique. « Cela se passe avec le psychiatre de l’institution ou un psychiatre extérieur. De même si un résident souhaite un suivi psychologique. Mais cette demande est plutôt rare. En général, ceux qui ont ce type de suivi psychologique l’avaient déjà avant de venir à La Traversière. Nous sommes là aussi pour stimuler cette demande ».
La Traversière ne veut pas vivre en vase clos et pour garantir la pratique d’une clinique du lien social, elle veille à l’entretien de son réseau extérieur. Certains membres de l’équipe travaillent à nourrir cette dimension, même s’il semble bien qu’il soit particulièrement difficile d’y consacrer le temps voulu. Participation aux réunions du groupe Intermèdes clinique de la Ligue Bruxelloise francophone pour la santé mentale, aux réunions de la Plate-forme psychiatrique du Brabant wallon, aux réunions de la Fédération des structures psycho-socio thérapeutiques et à sa commission éthique…
A l’intérieur même de l’établissement, on retrouve d’ailleurs cette volonté du lien avec la réalité extérieure au travers de l’outil thérapeutique qu’est le Club Arc-en-ciel.
