Chapitre 1 : Modèle espagnol, argent européen
Date de publication : 01/12/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:17
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:24
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rue de la Providence 20
6030 Marchienne-au-Pont
BELGIQUE
L'origine de l'Espace citoyen, c'est un modèle en point de mire, l'expérience catalane de cogestion du développement des quartiers par les habitants, les associations et les pouvoirs locaux. Frédéric Abaïgar, responsable de l'Espace citoyen et espagnol d'origine, croit en ce type de projets et a mis son énergie pour joindre la conviction à l'action. Une première note pour proposer le projet aux instances publiques n'avait pas fait l'unanimité, mais des visites sur place et des rencontres avec des acteurs espagnols ont fini par convaincre. Le principe de l'Espace citoyen est en effet calqué sur celui des centres civiques espagnols, lancés par les "Associations de voisins" catalanes. Il s'articule autour d'une idée : casser les cloisonnements entre les différents âges de la vie en intégrant dans le même bâtiment des espaces spécialisés (crèche, école de devoirs, antenne sociale…) et des lieux communs où tous se rencontrent. En Espagne, ces centres sont ouverts de 8h à 22h. Les jeunes du quartier sont amenés à les prendre en charge. L'approche est un peu comparable à ces maisons de quartier en Belgique qui émergent principalement dans les zones urbaines.
Trois espaces ont ainsi été qualifiés par le CPAS de Charleroi. Celui-ci y voit des "épicentres" du son dispositif sur les quartiers. Les Espaces doivent compléter l'offre de services à la population, pour éviter un devenir à ces quartiers du type "quartiers de relégation", comme le dit Michel Wilgaut, président du CPAS de Charleroi. Il s'inscrivent sur "un territoire où habitent des hommes et des femmes qui ont perdu leur emploi, leurs projets, leurs repères, leur dignité, de l'estime de soi, du sentiment d'être utiles…", ainsi que le décrit Frédéric Abaïgar. "Le vécu de ces événements, poursuit-il, le traumatisme qu'ils incarnent sont transposés trop souvent en clauses, en normes, en bilans de compétences, en indemnités financières…" Dans une stratégie qui se veut différente, les Espaces citoyens sont envisagés comme des "lieux d'accueil, d'écoute, de formation et d'élaboration de projet associant professionnels et population. Mais aussi lieux de support pour l'organisation d'activités centrées sur différents publics – espace multimédia, coin cafétaria, salle d'exposition…". Trois zones ont été outillées de la sorte : Dampremy, Marchienne-Docherie et Porte Ouest, chacune avec leur Espace citoyen.

Pour Dampremy et Docherie, il s'agit d'une sorte de mutation
des centres de ressources qui existaient déjà précédemment. Mutation parce que
le changement de dénomination n'est pas sans effet sur les objectifs des
structures. Il n'est pas vide de sens. La transformation est caractérisée
principalement par l'intégration d'un souci participatif et par le renforcement
des partenariats. À Dampremy, les structures du CPAS et celle de
"L'Espace citoyen Porte Ouest,
commençait le premier rapport annuel (2001), est né pour rendre les quartiers
de Marchienne et de Monceau au regard, à la rencontre, à la parole, à l'emploi
et à la culture, pour que les citoyens jouissent pleinement de leur
territoire." Pour ce faire, l'Espace se situe au plus proche du public,
une maison rénovée à la limite des quartiers populaires de Monceau et de Marchienne-au-Pont,
à l'Ouest du centre-ville de Charleroi. C'est la route de Mons
qui mène aux portes de l'Espace citoyen Porte Ouest, en périphérie de

Petit historique des soutiens financiers qui ont eu un rôle moteur
Au début des années 90, dans le cadre du programme européen Pauvreté III, le CPAS de Charleroi se lance dans le développement social de quartier en créant deux Centres de ressources communautaires dans les deux quartiers parmi les plus pauvres de l'agglomération carolo : Dampremy et Marchienne-Docherie. Cette occasion est singulière. Le programme Pauvreté III n'apportera en effet une aide qu'à une quarantaine de projets locaux répartis sur l'ensemble du territoire européen. Ces projets seront reliés par une structure organisationnelle transnationale.
Fin 96, toujours grâce à un subside européen, cette fois
dans le cadre d'Urban,
Urban fait partie de ces programmes européens qui "essaient d'aider les villes à se doter de stratégies de développement et à faire face aux problèmes de fragmentation urbaine et de fléchissement de la cohésion sociale". "À propos d'Urban, le commissaire européen aux régions, Michel Barnier, parle de trois défis : la démocratie, l'environnement, la solidarité." (Extrait de l'interview de Claude Jacquier, évaluateur d'Urban, directeur de recherche au CNRS – pôle Villes et solidarités. Voir Alter Échos, n°148, p. 22).
En 2000, le CPAS reçoit le soutien de

L'Union européenne, au travers notamment des programmes
Urban soutient une expérimentation de la politique d'action sociale à l'échelle
du quartier. L'opportunité a été saisie par
> un volet partenariats,
> une approche transversale (prise en compte d'acteurs multiples du développement: habitants, chalands, entreprises, associations…),
> et un volet participation.
Partenariat, participation… des intitulés qui sont dans l'air du temps et usités à l'envi. L'Espace citoyen en propose une certaine lecture et donne à ces principes généraux une dimension concrète. Il les traduit sur le terrain.
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