Chapitre 2 : Citoyens, citoyennes…
Date de publication : 01/12/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:17
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:25
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BELGIQUE
L'Espace citoyen Porte Ouest fait référence à quelques réflexions plus théoriques sur la citoyenneté. Des considérations plus abstraites qui témoignent d'une manière de concevoir le travail dévolu à l'Espace citoyen. Elles ont inspiré le projet Porte Ouest pour élaborer son programme d'activités et nourrir la pratique de terrain.
Entrer dans le débat politique
"On estime d'ordinaire que la citoyenneté comporte trois éléments: les droits civils, les droits politiques et les droits sociaux, qui composent ensemble les différents types de droits accordés au citoyen. Cette définition juridique de la citoyenneté reste exacte, mais ce n'est plus ainsi que l'on comprend spontanément ce terme. Dans son usage actuel, il désigne avant tout la manière par laquelle les citoyens des pays démocratiques font usage de leurs droits pour participer à la vie de la cité, pour peser sur les décisions relatives à la vie publique, pour entrer dans le débat politique et contribuer à la dynamique démocratique."
Extrait de La citoyenneté, Vincent de Coorebyter, « Cahier du Crisp » (Centre de recherche et d'information socio-politiques), n°56, p. 7.
Pour le travail de quartier mené par l'association, la participation des habitants est en effet qualifiée de citoyenne dans le sens large évoqué par Vincent de Coorebyter du Crisp. L'apprentissage des droits, leur usage et leur respect, ne sont qu'un volet de la citoyenneté comme l'envisage l'Espace citoyen. Il s'élargit vers l'ouverture aux acteurs locaux de champs de concertation et de négociation. D'une vision en quelque sorte administrative de la citoyenneté, l'action se prolonge vers une dimension plus créative, au travers de l'appropriation progressive de la structure elle-même. Plus que la fréquentation du lieu, ou l'appel aux services spécifiques, c'est la gestion des projets par la population qui est visée à l'Espace citoyen.
À qui sont confiées les clés? Question anecdotique en apparence… mais les réponses qu’elle reçoit peuvent décrire la parcours rêvé d'un espace citoyen.
> Au premier stade, les clés sont dans les mains des employés. Les autres, les "clients", ceux qui fréquentent la structure, adressent leurs demandes à une institution qu'ils perçoivent comme un "guichet-réponse".
> Puis, second palier, l'institution est le lieu d'activités, non seulement des professionnels, mais aussi des habitants. À l'image des "locataires", ces derniers investissent le lieu et en reçoivent les clés temporairement peut-être, le temps d'une animation.
> Troisième palier, celui de la "cogestion". Des négociations collectives réunissent les différents "locataires" et le "propriétaire". Elles déterminent le programme des activités et les priorités. Les clés sont partagées.
> Au quatrième palier, le processus est en phase terminale, la "copropriété", où les acteurs locaux agissent en tant que pouvoir organisateur de la structure. Ils en possèdent les clés
Cette lecture de la participation comme un processus par palier est le fait du Cridis, dans un document d'évaluation intitulé "Quelles étapes vers l'appropriation par les habitants des 'Espaces Citoyens'?".
Une enquête auprès des habitants
La prise de contact directe avec les habitants a été déterminante au démarrage de la dynamique de l'Espace citoyen Porte Ouest. Outre des permanences lancées d'emblée (emploi, logement, cyber centre, etc.), l'Espace citoyen a mené une enquête auprès de 200 habitants qui lui a permis de faire connaître son existence et d'affiner sa représentation de la réalité locale. C'est le hasard de l'annuaire téléphonique et le bouche à oreille qui ont guidé dans un second temps les pas de l'enquête. Dans un premier temps, les investigations avaient été réalisées à partir d'un fichier fourni par l'administration communale, une sélection de personnes soigneusement répartie en fonction des critères de sexe, d'âge, de résidence… Mais les données insuffisantes ont amené l'équipe à élargir le champ. Au terme d'un processus d'analyse puis de rencontres et de discussions, un constat : "Tous désiraient aller dans le même sens. Idées principales : travailler sur la propreté dans les rues, sur le sentiment d'insécurité, sur l'accessibilité des petits commerces et des services publics qui représentent un atout dont on fait trop peu écho." (Le petit Monmar, mars 2002) Après analyse des résultats, la population a été invitée à une grande "réunion citoyenne" en décembre 2001. Les résultats de l'enquête y ont été présentés en termes d'atouts et de faiblesses du quartier, et les débats ont tenté de cerner des solutions et de mobiliser les énergies. Les questions de qualité des infrastructures, de propreté, de sentiment d'insécurité, de mobilité, etc. étaient mises à l'avant-plan, ainsi qu'une volonté forte d'être partie prenante dans les décisions qui concernent le quartier et dans leur suivi.
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