Chapitre 6 : Des "ateliers citoyens" avec des élèves de la zone
Date de publication : 01/12/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:17
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:33
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Les groupes de concertation rapprochent aussi des intervenants parfois distants et peu enclins naturellement à se fréquenter. Ainsi le groupe de concertation école a facilité la tenue d'ateliers citoyens qui nécessitent une collaboration étroite entre enseignants, animateurs de l'Espace citoyen, et qui voit l'école s'ouvrir aux artistes, aux visites inhabituelles. Deux classes de 3ème secondaire, filière professionnelle, ont pris part au projet qui se déroule sur deux ans. Elles proviennent de deux écoles de la zone Porte Ouest, l'Athénée royal de Marchienne-au-Pont et l'École (CECS) Henri Dunant. Pas à pas, les élèves édifient leur conception de la citoyenneté. "Un thème barbare qu'on a du mal à définir et que le groupe d'élèves est amené à construire lui-même", comme leur explique Eric Lacroix, à l'origine des ateliers avec son collègue Tony Kiorpes.
Sorte de trame de fond, un calendrier rythme les ateliers à raison d'une rencontre de 90 minutes tous les quinze jours . Ces rencontres se font dans un premier temps de manière séparée dans les deux écoles. Par la suite, les deux classes se rencontreront dans les locaux de l'Espace citoyen, puis vivront quelques jours ensemble dans un cadre différent, en l'occurrence à Hastières. Les deux classes concernées à l'heure actuelle sont d'apparence très proches : même tranche d'âge, même section, même région… Pourtant elles ne manquent pas d'a priori l'une sur l'autre, les "péteux" d'un côté, les "ratés" de l'autre. De quoi alimenter les ateliers et nourrir les 'exercices' de communication. C'est au départ de chaque élève et de la découverte de capacités propres à chaque individu que les ateliers s'avancent peu à peu vers la mise en commun progressive et la réalisation d'un projet partagé par les deux classes. Au travers de la rencontre de l'autre en effet, il s'agit pour ces jeunes de prendre conscience qu'ils sont acteurs de leur vie, qu'ils ont eux aussi "accès à", de les ouvrir au monde. "Ces adolescentes (il s'agit en grande majorité de filles), en pleine constitution de leur identité, sont à une période clé de leur existence avec tous les risques que cela comporte. Les ateliers, c'est leur permettre de trouver une place dans la société, de changer l'image souvent négative qu'elles ont du quartier, de renforcer leurs compétences." Dans ce but, les techniques artistiques comme la peinture et la musique sont mobilisées. Il s'agit de renforcer les principes de solidarité, de respect de l'autre, de complémentarité. Ces approches sont différentes de celles que les élèves rencontrent habituellement à l'école, elles permettent aussi de prendre du plaisir à apprendre. Elles ont cependant amené une certaine confusion dans les esprits, le ludique étant d'office considéré comme hors programme. Les ateliers étaient-ils de l'ordre du facultatif? À cet égard, la participation des professeurs aux animations est un gage de légitimité de l'apprentissage. L'atelier est dès lors vu comme une manière d'apprendre autrement.
Un exemple. En démarrant par une séance de percussions, les animateurs ont un peu secoué le cadre. Outre l'apport d'une approche nouvelle, ils ont voulu sensibiliser les élèves à l'écoute, à la collaboration nécessaire pour que ce soit harmonieux. "Une manière de mieux comprendre qu'on n'est pas tout seul."
"On sait après un an d'ateliers que beaucoup de comportements ont changé", témoigne confiant Eric Lacroix en entrant dans la deuxième année du projet. Même s’il reste réaliste en constatant le racisme ambiant, "Ce n'est plus tellement le voisin qui est étrange, mais celui qu’ils n'ont jamais vu, celui qu’ils ne connaissent pas".
L'idée des ateliers citoyens dans les écoles continue à faire son chemin. Récemment, les écoles primaires qui participent au groupe de concertation ont reçu une proposition ouverte de l'Espace citoyen. Celle d'entrer également dans un processus d'éveil à la citoyenneté. Elles ont été invitées à préciser les thématiques qu'elles souhaiteraient voir abordées dans le cadre de cette dynamique citoyenne. On remarque ainsi la diversité des définitions données implicitement au terme de citoyenneté. Certaines écoles évoquent la famille, d'autres la politesse ou le respect des autres… Mais un fil rouge est là pour guider la réflexion : partir du vécu des enfants pour aller à la rencontre des services publics afin d'en modifier l'image, ou d'en connaître l'existence et partager l'expérience avec tous au moyen d'outils différents (chants, vidéos, photo…). Comme le remarque Eric Lacroix, "Le projet entre en phase de lancement, il y a à faire et il y aura encore à cogiter."
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