Labiso N°23

L'Espace citoyen Porte Ouest à Charleroi
Aide sociale et mobilisation des habitants

Sommaire



 
 
La participation des habitants et des acteurs locaux, c'est le choix de départ auquel se tient l'Espace citoyen Porte Ouest. Ouvert mi 2001 à Marchienne-au-Pont, il incarne la politique des actions de quartiers initiée par la CPAS de Charleroi. Au travers de la création de cet Espace, l'ordre du jour de la dynamique de développement est en partie confié aux habitants – d'une zone certes pas des plus favorisées. Le rythme des activités se calque alors sur celui de la vie locale. Les tiroirs se remplissent de projets amenés par les habitants. Ils reflètent leurs préoccupations: l'emploi, le logement... le "vivre ensemble".

Chapitre 7 : Des micro projets pour ouvrir la voie à tous les possibles

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/12/2003
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:17
Dispose des droits sur la publication.

Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 19/11/2008 à 16:33
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Contact : Espace citoyen Porte Ouest => contactez-les ici

Frédéric Abaïgar,
Tél. : 071/50 04 23
Fax. : 071/53 54 92
Site Web : http://corporate.skynet.be/espacecitoyen
Email : mespace.cit.po.01@skynet.be
rue de la Providence 20
6030 Marchienne-au-Pont
BELGIQUE

 

Dans le fourmillement d'activités de l'Espace citoyen, c'est en matière de culture et de convivialité que les habitants semblent arriver le plus facilement avec des projets. "L'Espace citoyen accompagne toujours ces démarches, du moins au début, explique Frédéric Abaigar. Et on se retire dès que la dynamique devient autonome, tout en restant disponibles. On peut ainsi miser sur la fête, c'est quelque chose que nous faisons de plus en plus. Au-delà du caractère événementiel, c'est un formidable moteur pour retisser du lien social. Et cela nous permet de toucher les différentes communautés du quartier, ce qui donne des effets d'entraînement et de notoriété considérables et assez rapides." Dans certains quartiers comme Matadi, Grand Trieux ou Providence, l'Espace citoyen soutient l'action des comités de quartier ou de groupes d'habitants. La présence de l'équipe de l'Espace citoyen est comme une caution. Elle rassure parce qu'elle accompagne et soutient une motivation souvent en dents de scie.

Dans cette même logique de renforcement des dynamiques, l'Espace citoyen a mis en place un Comité local d'aide aux projets (Clap). Un comité d'agrément composé d'habitants (50%) et d'acteurs locaux, au total 8 personnes, reçoit et sélectionne les demandes de soutien aux projets émanant de quiconque dans le quartier. Le soutien consiste en conseils, en logistique, etc., mais aussi éventuellement en une bourse de maximum 2.500 euros. Toutes sortes d'idées et de nouveautés apparaissent ainsi et quelques-unes reçoivent les moyens de se lancer. Le Clap, même s'il n'est pas comme tel un ressort pour la création de nouveaux services ou de nouveaux emplois, permet l'émergence d'idées qui peuvent éventuellement y conduire …ou pas. Un atelier photo, un club de mini-foot (poussant comme des champignons dans la région de Dampremy), une soirée multiculturelle… sont autant de projets lauréats.

 

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En exemple, les derniers projets qui ont reçu l'agrément du Clap entre janvier et octobre 2003.

 

« Bosphore Dampremy » : un groupe de jeunes a souhaité ouvrir son propre club de mini-foot, l’objectif étant d’apprendre à de plus petits enfants ce sport et de proposer plus tard, si bénéfices il y a, de les redistribuer aux écoles primaires défavorisées afin d’acheter du matériel sportif. L’aide financière sollicitée leur a permis d’ouvrir leur club, de régler les frais d’affiliation à la Ligue et d’acquérir le matériel de base pour assurer la saison 2003/2004.

 

« Convivialité de Quartier » : un groupe d’habitants a constitué son comité de quartier avec l’appui d’un agent de développement de l'Espace citoyen. Leur volonté est de mettre sur pied plusieurs activités : journée sportive, brocante, fête de quartier, fête d’Halloween, Carnaval. L’aide financière sollicitée leur a permis de pouvoir initier ces activités et d’assurer en quelque sorte un fonds de roulement nécessaire à l’élaboration de leur programme 2003/2004.

 

« Tashunko Witko » : une habitante, aidée par ses amies, a voulu ouvrir un Club amérindien afin de sensibiliser les habitants au folklore, à l’artisanat et à l’histoire  particulière de ce peuple au travers de différentes activités réparties sur 2003/2004.

 

« Marchiennes en ligne » : un élève de rhéto, passionné par l’informatique et plus particulièrement par Internet, a mis sur pied un site sur la commune avec une présentation des différentes activités et associations existantes sur la zone. L’accent a été mis en particulier sur l’expression des individus, avec la construction d’un forum et la possibilité à tout citoyen d’y ouvrir un compte e-mail gratuit. Un volet historique est également élaboré grâce à l’appui d’un historien. L’aide du Comité lui a permis d’acquérir un pc portable afin qu’il puisse se rendre sur le terrain et construire les articles en présence des personnes qui ne disposent pas d’un tel outil informatique.

 

Pour les promoteurs de ces micro-initiatives, le Clap est parfois la première occasion de formaliser une idée, de constituer un dossier, de budgétiser, de défendre face à un public leur projet. S'il est sérieux, le climat n'en est pas moins bienveillant évidemment. Les dossiers présentés sont la plupart de temps bien ficelés. Ils ont bénéficié en aval d'un accompagnement spécifique parfois long et d'un soutien particulier. "Le plus difficile, explique Grégory Brenez en charge de la démarche à l'Espace citoyen, est de sensibiliser le public le plus précarisé. C'est un véritable défi que d'aboutir à ce que ce type de public formalise ses idées. Avant d'aboutir à un projet prêt à être monté, il y a un long chemin de parfois un ou deux ans. Mais, l'objectif n'est pas d'être un fonds de plus pour les associations déjà bien établies qui sont d'ailleurs des pros dans la rédaction de dossiers." À terme, le souhait est d'intégrer dans le comité d'agrément des anciens dépositaires de projets afin de créer une dynamique qu'il est nécessaire d'entretenir pour qu'elle ne s'essouffle pas.


L'école des consommateurs est un des autres groupes que l'Espace citoyen suit actuellement sur les chemins de l'autonomie, après l'avoir initié. C'est au départ un projet de l'antenne sociale du CPAS de Charleroi qu’a repris l'Espace citoyen. L'antenne sociale, dans le cadre des missions de service de médiation de dettes, recevait des subventions pour développer une école des consommateurs, mais le taux de fréquentation en était très réduit, voir nul. L'Espace citoyen a redémarré le tout à zéro. Après une campagne d'informations mais surtout grâce au bouche à oreilles, une douzaine de personnes se retrouvent à l'Espace citoyen pour ces ateliers qui traitent de la prévention du surendettement, et ce depuis avril 2002. La participation aux ateliers est sans contraintes, sans obligation de présence, sans obligation de dévoiler sa situation financière. Ce sont donc des estimations qui permettent à l'animateur de spécifier qu'un tiers des participants sont des bénéficiaires d'une aide sociale et que la moitié vivent dans des conditions financières très difficiles. Le groupe est très hétéroclite, "tous les types de personnes que l'on peut trouver dans la vie courante, à Marchienne évidemment", remarque Grégory Brenez de l'Espace citoyen. Comme pour d'autres projets de l'Espace citoyen donc, "l'objectif, c'est que ces habitants deviennent acteurs de plus en plus autonomes des ateliers, poursuit-il. Il faut les épauler et veiller à ce que chacun ait sa place en évitant les phénomènes de leadership. Petit à petit le groupe s'auto-gèrera".

 

Concrètement, les ateliers peuvent être découpés en trois volets : les échanges permanents de savoirs entre participants, les informations plus ponctuelles sur une thématique comme l'utilisation rationnelle de l'énergie, comme l'impact de la publicité sur les achats…, et un troisième volet celui de l'accès aux loisirs. En effet, des activités "sortant de l'ordinaire" et plus ludiques sont préparées avec la participation du groupe en expliquant les consignes et les contraintes budgétaires et matérielles. Le Cyber espace, dans les bâtiments de l'Espace citoyen, constitue alors un lieu d'inspiration et d'information adéquat. Parmi les ateliers, certains ont été réalisés avec les enfants qui fréquentent la ludothèque, autre activité de l'Espace citoyen. Ces expériences ouvrent la voie d'une école des consommateurs spécifique aux enfants.




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