Chapitre 3 : Autour de Théroigne de Méricourt née à Marcourt
Date de publication : 01/04/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 09:53
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:25
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Depuis 1998, le parc du Centre International de rencontres et d'Actions Culturelles (Cirac) situé à Marcourt est un lieu de projets où peintures murales et sculptures monumentales de création collective s'érigent peu à peu. Réalisées par des enfants, des jeunes, des adultes, elles sont animées par les artistes du Miroir Vagabond. En 2003, autour des artistes-animateurs du Miroir Vagabond, un collectif d'artistes amateurs et professionnels s'est constitué pour retracer la vie de Théroigne de Méricourt sur les murs du Cirac. Figure marquante de la révolution française, Théroigne est née en 1762 à Marcourt. Libertine et semi-mondaine, elle n'accepte pas la place silencieuse réservée aux femmes. A 32 ans elle sombre dans la folie après avoir été surnommée l'amazone de la liberté. Le curé de Marcourt a rasé sa maison. Le temps a fait place à l'oubli. Mais le féminisme moderne l'a reconnue comme l'une de ses pionnières.
Ce soir de février 2004, le Miroir Vagabond, le Cirac, le Théâtre des Travaux et des Jours invitent les spectateurs à entrer dans le projet collectif et citoyen de cette fresque. Vidéo retraçant les étapes de la création, présentation du livret pédagogique pour les animations à venir et spectacle de théâtre inspiré de la vie de Théroigne de Méricourt, fruit du travail d'un groupe de femmes amateures. « Mérite et courtoise », c'est le titre du spectacle théâtral monté par ces femmes qui se sont retrouvées pendant plus d'une année autour d'une animatrice-comédienne. Réfugiées, étudiantes ou participantes aux groupes d'alphabétisation du Miroir Vagabond, elles déclinent Théroigne de Méricourt à leur manière. En chansons d'aujourd'hui d'abord… Dans les méandres d'un jeu télévisé parodié ensuite, où la gagnante sera celle qui se manifestera comme la plus anti-Théroigne… « Après ces deux représentations, nous pourrions envisager de diffuser plus largement ce spectacle qui évidemment dresse un parallèle avec les états généraux de la situation de la femme dans la société d'aujourd'hui ».
Une fresque collective monumentale et d'histoire. Extrait
Lire, débattre, prendre position face à l'histoire en respectant les faits. Un historien vérifie. Etablir le sens, le contenu puis leur structure plastique. Chercher des documents, imaginer les situations, réaliser les formes et les figures. Répartir les styles. Tenir compte des critiques des femmes. Assembler le tout. Intégrer au propos du tableau l'architecture du bâtiment. Utiliser le paysage. Peindre le mur. Jongler avec les intempéries et les occupations des lieux. Travailler la nuit au rétroprojecteur et le jour à main levée. Composer à même le mur. Se faire aider ponctuellement par d'autres qu'ils soient artistes ou non, d'ici et demandeurs d'asile… Cinq murs, deux recoins et sept tableaux chronologiques…
Et toujours cette volonté de lisibilité ! Le mural devrait susciter entre ceux et celles qui le regardent du discours social et politique. Le mural deviendra l'outil d'une animation à la citoyenneté, reposera ici la question de la place des femmes dans la société et obligera à expliquer correctement l'Histoire. Des faits plus récents font ainsi incursion dans cette fresque, réintégrant le patrimoine local.
« Cette création murale est le fruit d'artistes professionnels et amateurs ; d'hommes, de femmes et de familles demandeurs d'asile du centre de Rendeux… Tous rassemblés autour de la mise en valeur des droits de l'Homme », explique Daniel Seret, artiste-animateur.
« La rencontre de différentes cultures autour du pinceau et de la couleur… Théroigne de Méricourt a elle aussi été réfugiée. Son histoire est celle d'une histoire censurée. Mais c'est aussi l'histoire d'une période fondatrice de notre démocratie politique. La fresque aborde également la question de la place des femmes aujourd'hui et envisage une approche active de la prise de décision collective », ajoute Christine Mahy. « Les demandeurs d'asile sont là parce qu'on veut les faire exister, même s'ils sont de passage. Il est important dans une région rurale de favoriser la prise de conscience qu'il existe tout près de chez soi des gens qui viennent de pays en guerre. C'est une manière de réfléchir à la citoyenneté, à la répartition des richesses…».
Le centre de demandeurs d'asile « Couleurs du Monde » de Rendeux est depuis son ouverture, le lieu d'un projet permanent de créations collectives picturales murales, animées par les artistes-animateurs du Miroir Vagabond. Elles sont réalisées par les résidents sur base de leur situation vécue dans leur continent d'origine, Asie, Europe, Afrique… Les visites commentées et animées autour de la fresque de Théroigne de Méricourt peuvent être complétées par la visite de ce lieu permanent d'exposition de Rendeux. « Ce circuit d'art public et de créations collectives locales permet de découvrir autrement la vie de la région ».

La vie de Théroigne de Méricourt. Extrait du dossier pédagogique.
Mur 4.

Les femmes dans la révolution (5)
Les femmes participent activement à la révolution et aux débats politiques. Progressivement, elles durent se taire, se retrouvant ainsi dans la rue avec les enragés. Malgré cela l'image de la femme, la poitrine ou le sein dénudé, resta l'idéal même de liberté. Sa condition est pourtant autre. Le droit du père sur les enfants, de l'homme sur la femme, du protecteur sur la protégée, fait d'elle l'inégale de l'homme. Simple mère, son rôle se bornera désormais à reproduire la classe ouvrière.
Les femmes dans la grève (6)
1966. Rien ne sera plus comme avant. 3000 ouvrières de la fabrique nationale d'armes de guerre de Herstal (Wallonie) partent en grève pour obtenir l'application de l'article 119 du traité de Rome. La grève dure 12 semaines. Elle devient un symbole pour les femmes. Cette grève menée pour l'augmentation du salaire et le respect de l'égalité de rémunération entre sexes suscitera la création du comité « à travail égal, salaire égal », un moment charnière du combat féministe…
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