Double cahier Labiso
Périodique N°26
Le Miroir Vagabond en province de Luxembourg
Culture et social au cœur du développement local

Sommaire



 
 
Pour l’équipe du Miroir Vagabond agir socioculturellement, c’est aussi participer au développement d’une région, en l’occurrence rurale, en améliorant les conditions de vie et en modifiant les rapports sociaux de manière à respecter la diversité socioculturelle. La « participation à » est au centre des projets de cette association qui s’adresse à toute la population de communes situées principalement en zone touristique comme celles de Hotton, Rendeux, la Roche mais aussi Vielsalm, Gouvy et Houffalize. On y pratique le tandem artiste-animateur pour favoriser l’expression créatrice individuelle et collective dans le sens d’une mise en mouvement. Le bagage social n’est évidemment pas absent mais le Miroir ne travaille pas directement sur « les problèmes sociaux ».

Chapitre 7 : Développement communautaire dans des espaces de vie

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/04/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 09:53
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:25
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:16
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Contact : Miroir Vagabond - A.S.B.L. => contactez-les ici


Tél. : 084/311946
Fax. : 084/315008
Email : miroirvagabond@pi.be
2-4, Vieille Route de Marenne
6990 Bourdon (Hotton)

 

Le Miroir Vagabond s’inscrit donc dans un projet de développement local et de développement communautaire par le socioculturel.

 

La culture et le social sont, entre autres, deux éléments indissociables dans la vie d’une personne et d’une collectivité, le social entendu comme l’organisation de la société au profit de tous. Dès lors le métissage social que recherche l’association oblige à la vigilance dans les choix qu’elle opère au niveau de ses actions et de ses projets… Afin de garder un équilibre le plus juste possible. « Pour que le développement local prenne une forme de développement communautaire, il est essentiel de veiller à garder de l’espace-temps, de l’argent et des outils en suffisance pour ne pas oublier, laisser de côté les personnes plus fragiles et dont la parole est la moins entendue et écoutée ».

 

C’est dans ce même esprit de développement communautaire que l’association investit la participation aux évènements locaux dits traditionnels, populaires. « Il s’agit d’entrer dans l’espace, les codes et les règles des autres pour y proposer un contenu de création dans une logique de pluralisme, de participation citoyenne et d’éducation permanente ». Qui dit développement local et communautaire dit évidemment territoire.

Le territoire, comme une entité sociale organisée à travers des institutions. Voici la définition que nous propose le Miroir, selon Roger Brunet, professeur des Universités, directeur de recherche émérite, docteur honoris causa des Universités de Liège et de Lausanne et directeur de la revue Mappemonde : « Espace approprié, avec ce sentiment ou conscience de son appropriation. Le territoire est à l’espace ce que la conscience de place est à la classe (sociale) : quelque chose que l’on intègre comme partie de soi et que l’on est prêt à défendre. Le territoire implique toujours une appropriation de l’espace : il est autre chose que l’espace. En réalité, le territoire est fait de lieux qui sont liés. Il comporte des cheminements, des points forts, des replis; son espace est différencié ».

 

Territoire et solidarité. Roger Brunet. Congrès de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réadaptation sociale (FNARS), Table ronde de la réunion du 14 mai 2001, Montpellier. Extrait de l’article

 

(…) On sait bien que chacun d'entre nous a le désir de protéger sa ou ses sphères d'intimité, mais à l'échelon individuel, ou familial, et possède un minimum de ce sens du territoire, où il n'admet l'Autre que dans certaines conditions et selon certains rites. C'est là un aspect profond du mot territoire, qui est d'appropriation, et d'appropriation consciente. C'est pourquoi il m'arrive de dire que le territoire est un concept de même nature que la classe sociale: il n'existe vraiment qu'avec la conscience que l'on en prend — mais alors il existe très fort, et souvent trop fort.

Il faut bien voir que le territoire, ainsi compris, a deux aspects indissociables.

Il est en effet, à la fois, porteur d'identité, ce qui peut avoir un aspect positif, qui aide à vivre, qui fait partie de la personnalité et qui assure une base matérielle, d'habitat, de sécurité, de ressources.

D'un autre côté il est redoutable, il déclenche quantité de mécanismes de rejet, d'exclusion, de conflit. Des peuples ont même connu à la fois l'errance et le ghetto, ces deux extrêmes de la territorialité.

Le sentiment du territoire est donc à la fois porteur de vie et de mort. Un peu de territorialité aide à vivre, trop de territorialité apporte la mort. L'art de vivre en société est de savoir relativiser la territorialité; de savoir par exemple en détourner les effets pervers vers des manifestations symboliques et anodines, comme par les fêtes et dans les stades, qui figurent et qui euphémisent les affrontements; mais elle n'évite pas toujours les drames, même dans les stades. (…)

 

 





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