Chapitre 7 : Développement communautaire dans des espaces de vie
Date de publication : 01/04/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 09:53
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:25
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2-4, Vieille Route de Marenne
6990 Bourdon (Hotton)
Le
Miroir Vagabond s’inscrit donc dans un projet de développement local et de
développement communautaire par le socioculturel.
La
culture et le social sont, entre autres, deux éléments indissociables dans la
vie d’une personne et d’une collectivité, le social entendu comme
l’organisation de la société au profit de tous. Dès lors le métissage social
que recherche l’association oblige à la vigilance dans les choix qu’elle opère
au niveau de ses actions et de ses projets… Afin de garder un équilibre le plus
juste possible. « Pour que le
développement local prenne une forme de développement communautaire, il est
essentiel de veiller à garder de l’espace-temps, de l’argent et des outils en
suffisance pour ne pas oublier, laisser de côté les personnes plus fragiles et
dont la parole est la moins entendue et écoutée ».
C’est
dans ce même esprit de développement communautaire que l’association investit
la participation aux évènements locaux dits traditionnels, populaires. « Il s’agit d’entrer dans l’espace, les
codes et les règles des autres pour y proposer un contenu de création dans une
logique de pluralisme, de participation citoyenne et d’éducation permanente ».
Qui dit développement local et communautaire dit évidemment territoire.
Le
territoire, comme une entité sociale organisée à travers des institutions.
Voici la définition que nous propose le Miroir, selon Roger Brunet, professeur
des Universités, directeur de recherche émérite, docteur honoris causa des
Universités de Liège et de Lausanne et directeur de la revue Mappemonde :
« Espace approprié, avec ce sentiment ou conscience de son appropriation.
Le territoire est à l’espace ce que la conscience de place est à la classe
(sociale) : quelque chose que l’on intègre comme partie de soi et que l’on
est prêt à défendre. Le territoire implique toujours une appropriation de
l’espace : il est autre chose que l’espace. En réalité, le territoire est
fait de lieux qui sont liés. Il comporte des cheminements, des points forts,
des replis; son espace est différencié ».
Territoire et solidarité. Roger Brunet.
Congrès de la Fédération nationale des associations d'accueil et de
réadaptation sociale (FNARS), Table ronde de la réunion du 14 mai 2001,
Montpellier. Extrait de l’article
(…) On sait bien que chacun d'entre
nous a le désir de protéger sa ou ses sphères d'intimité, mais à l'échelon
individuel, ou familial, et possède un minimum de ce sens du territoire, où il
n'admet l'Autre que dans certaines conditions et selon certains rites. C'est là
un aspect profond du mot territoire, qui est d'appropriation, et d'appropriation
consciente. C'est pourquoi il m'arrive de dire que le territoire est un concept
de même nature que la classe sociale: il n'existe vraiment qu'avec la
conscience que l'on en prend — mais alors il existe très fort, et souvent trop
fort.
Il faut bien voir que le territoire,
ainsi compris, a deux aspects indissociables.
Il est en effet, à la fois, porteur
d'identité, ce qui peut avoir un aspect positif, qui aide à vivre, qui fait
partie de la personnalité et qui assure une base matérielle, d'habitat, de sécurité,
de ressources.
D'un autre côté il est redoutable, il
déclenche quantité de mécanismes de rejet, d'exclusion, de conflit. Des peuples
ont même connu à la fois l'errance et le ghetto, ces deux extrêmes de la
territorialité.
Le sentiment du territoire est donc à
la fois porteur de vie et de mort. Un peu de territorialité aide à vivre, trop
de territorialité apporte la mort. L'art de vivre en société est de savoir
relativiser la territorialité; de savoir par exemple en détourner les effets
pervers vers des manifestations symboliques et anodines, comme par les fêtes et
dans les stades, qui figurent et qui euphémisent les affrontements; mais elle
n'évite pas toujours les drames, même dans les stades. (…)
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