Chapitre 9 : En petit nombre et en plusieurs endroits
Date de publication : 01/04/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 09:53
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:25
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Le Miroir Vagabond lutte contre « l'esprit » du grand nombre qui aujourd'hui constitue à son avis trop souvent le seul critère de réussite et/ou de captation de l'attention collective. Il privilégie donc des projets portés par de nombreux petits groupes en beaucoup d'endroits, une manière de refléter la diversité des particularités et de la participation. « Mais c'est aussi, une manière d'éviter de tuer des rêves avant même que l'on se donne le droit de les exprimer. On entend souvent : à quoi ça sert que j'en parle, on ne sera jamais assez pour faire quelque chose… ce type de discours conduit souvent à l'autocensure ».
Ainsi par exemple, via les projets soutenus en 2004 par le Contrat de pays (explication et détail dans le chapitre suivant), un groupe de trois jeunes passionnés par le cinéma va être soutenu financièrement et recevoir une formation ad-hoc. Ils seront ensuite parties prenantes dans le festival Bitume organisé en tournante annuelle à Vielsalm, La Roche et Hotton. « Nous croyons à la mise en relation de petits groupes différents, à cette mise en réseau qui dynamise, mobilise, provoque des rebondissements… Dans le cas de ces jeunes, l'investissement financier est important au regard du nombre de personnes qui en bénéficient directement. Mais nous avons fait le choix de privilégier une forme d'intimité des projets tout en les interconnectant par la suite ».
Ne pas tuer les rêves
Même philosophie quand, en cette fin du mois de mars, le Miroir et la bibliothèque communale de Hotton proposaient une exposition d'Art Postal avec deux tables-rondes organisées par le groupe « Osons parler d'argent, de crédit ». L'artiste, c'est Baudhuin Simon, dit Pig Dada. Il fait partie d'un réseau mondial de mail-art, une forme d'art qui se transmet uniquement par la poste. C'est un art accessible à tous. Les œuvres sont réalisées selon des techniques différentes : le dessin, la gravure, le collage, la peinture, l'aquarelle, le fusain… Cet art gratuit ne se vend pas. Parfois il s'échange via le troc. Pas de hiérarchie et aucune censure non plus. Il y a dix ans, Pig Dada lance un thème : les billets de banque. Aujourd'hui, il expose plus de 900 œuvres provenant de 38 pays différents. L'exposition sert de cadre à une série d'activités autour du thème des billets de banque et de l'argent. Elle se déroule au syndicat d'initiative, dans les banques, la poste et les cafés de Hotton.
Cette exposition entraîne dans son sillage des tables-rondes sur le thème de l'argent, des ateliers d'art postal pour adolescents et adultes, des ateliers d'écriture, des ateliers d'art postal dans le cadre d' « Alpha culture formation » et dans les centres de demandeurs d'asile de Hotton et Rendeux, des sensibilisations dans les écoles communales, un conseil communal des enfants spécial argent… Au départ du rêve d'un artiste, le culturel s'empare du social et emmène toute la population d'une région sur les routes de l'échange et de la rencontre.
On ne travaille pas directement sur les problèmes sociaux
Le Miroir vagabond ne travaille pas directement et en tant que tel sur les problèmes sociaux. Les actions sur le terrain sont donc essentiellement menées par des personnes dont les formations sont de type artistique et/ou dans le domaine de l'animation. « Le fait de favoriser la porte d'entrée de la création, de l'animation-création, de l'animation dans le sens de mise en mouvement, ouvre des perspectives nouvelles de travail avec des groupes et pour les personnes individuellement. Nous croyons que la création-animation et les processus de travail collectif par lesquels cela se réalise sont émancipateurs, libérateurs, permettent de se construire dans la dignité et l'intégrité d'être humain. Nous tenons donc particulièrement au tandem animateur-artiste. Mais le bagage social n'est pas absent de notre association. Educatrice et assistante sociale mettent en place un accompagnement nécessaire à favoriser la participation positive au sein de chaque projet. Elles établissent aussi la collaboration avec les associations et les réseaux du monde social ».
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