Chapitre 12 : Au croisement des intérêts
Date de publication : 01/04/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 09:53
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 21/11/2008 à 10:25
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Examinons d'un peu plus près les projets du contrat de Pays. On y perçoit la complexité de la tâche et surtout toute la difficulté pour le Miroir Vagabond de conserver une méthodologie de croisement des intérêts et donc des politiques.
Au niveau de l'ossature 2004 du contrat, le Miroir Vagabond compte avec les évènements fédérateurs : Bitume Al'Rotch qui se déroule en juillet à La Roche, la Parade des Lanternes à Hotton en août, le premier festival de marionnettes en septembre à Houffalize et le festival Culture en action qui se déroule en octobre sur les six communes mais où il existe deux temps forts, l'un à Gouvy et l'autre à Rendeux. « Nous nous intéressons moins à la diffusion qu'à la production. Quand le Miroir Vagabond investit un événement, comme le festival de théâtre de rue Bitume, cela veut dire que nous effectuons tout le travail d'inscription de cet événement dans le territoire local, avec la population rurale ».

Pour ce qui est de l'axe développement de projets collectifs d'expression-création et d'animation-création, retenons pour 2004, entre autres, un projet de gravure itinérant à partir de Gouvy ou encore l'exploitation de la peinture d'histoire sur Théroigne de Méricourt à Marcourt. Mais aussi la définition d'un projet pertinent, d'un point de vue historique et artistique, de valorisation du site celtique situé sur la commune de La Roche, ou encore le soutien à des projets de création de femmes…
Aide à la mobilisation citoyenne
L'axe outils culturels et socioculturels s'articule en trois approches. D'abord, travailler sur l'existence d'outils permanents. Comme la création d'un centre culturel local à Vielsalm dans la foulée du festival Bitume, l'accompagnement du Centre d'Expression et de Créativité « La Hesse » dans la consolidation de sa structure, la négociation d'un quota Art et vie pour les communes de Vielsalm-Gouvy et Houffalize… « On voudrait aussi permettre à l'organisateur du festival de Jazz de Gouvy d'entrer dans un travail d'éducation permanente avec les enfants de la commune… Le festival attire surtout des citadins, il s'agit d'inviter les autochtones à prendre part à l'événement et à la découverte…»
La deuxième approche, c'est le travail sur la recherche de moyens. Par exemple pour créer un guichet d'accompagnement à l'emploi à destination des animateurs-artistes, des artistes et pour les employeurs du secteur. Enfin, la troisième approche de cet axe « outils » repose sur le travail d'accompagnement, de soutien, d'aide. « Certaines petites associations n'ont pas nécessairement besoin d'une reconnaissance comme asbl mais par contre d'un soutien logistique ou autre… Nous voulons à tout prix éviter de devenir un lieu systématique de subsidiation. Si le Contrat de Pays contribuait à faire en sorte qu'il y ait moins de bénévoles et moins de militants, ce serait l'échec de l'essence même du mouvement d'éducation permanente qui se fonde sur la mobilisation citoyenne et non sur la vente de services. La frontière n'est certes pas aisée à déterminer… D'autant que nos pouvoirs subsidiants nous entraînent souvent vers cette voie de 'privatisation' des services. »
Un euro pour le tourisme, un euro pour la culture
Quant le contrat de Pays défend la coexistence socioculturelle entre touristes, néo-ruraux (ceux venus à la campagne mais qui travaillent en ville et ceux venus de la ville et qui travaillent à la campagne) et autochtones, il prône la rencontre et la mise au travail d'associations, d'institutions, de services à priori à intérêts divergents. « Il ne faut pas que cette région de l'Ourthe Salm organise sa vie rien que pour la vendre aux touristes… C'est une des raison qui nous incite à toujours réclamer que pour un euro dépensé dans le secteur du tourisme, un autre euro soit dépensé pour la culture. Culture au sens du développement de projets de type culturel qui mélangent les groupes sociaux… Mais il ne faut pas non plus tirer à boulets rouges sur le tourisme. Nous devons reconnaître que c'est un secteur économique porteur… Le contrat de Pays doit nous permettre de trouver des convergences entre des intérêts qui semblent différents ».
En matière d'attention particulière aux jeunes, le contrat de Pays Ourthe Salm relaye la vision du Miroir Vagabond. A savoir se donner les moyens d'« embrayer » très rapidement sur les projets qui émergent chez certains jeunes. Parce qu'il n'y a pas une jeunesse mais des jeunes qui vivent des réalités complexes et différentes. « Ce n'est évidemment pas toujours facile à faire entendre, notamment aux élus communaux. C'est une vision qui en termes d'impact financier n'est pas négligeable : pour un petit nombre de jeunes, l'accompagnement au projet peut coûter cher. On a tendance à renvoyer les demandes des jeunes en leur demandant soit d'être plus nombreux, soit de chercher eux-même les moyens financiers… Un objectif que certains adultes seraient parfois bien incapables d'avoir si on les mettait en face des mêmes exigences. En plus, les difficultés pour mener à bien un projet sont telles que c'est très lourd à porter… Trop pour que les jeunes puissent s'y investir sans soutien… Cette approche du soutien particulier est évidemment inhabituelle par rapport à une pratique plus normative qui consiste à soutenir en priorité des mouvements -'institutionnalisés' comme les mouvements de jeunesse ou autres comités de jeunes ».
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