Double cahier Labiso
Périodique N°33
Optim@ sur le territoire de Seraing
Un observatoire pour réfléchir et agir avec les acteurs socio-économiques et de la santé

Sommaire



 
 
Le bien-être, voilà une notion qui de manière prégnante (pré)occupe et mobilise une diversité d’acteurs : du simple citoyen attentif à son équilibre personnel au législateur soucieux du bien-être des travailleurs en passant par les professionnels chargés de soutenir, d’encadrer un public d’enfants, de jeunes et d’adultes dans le domaine de la santé mais aussi de l’éducation, de l’insertion, de la culture...

Chapitre 1 : Au-delà de la vision médicale de la précarité

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/08/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 09:24
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 16:17
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 10:04
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Tél. : 04/385 13 99
Site Web : http://www.optima-obs.org
Email : optima@optima-obs.org
Place communale 7
4100 Seraing

 

Au fond, ce qui habite Optim@, c’est la volonté de mieux appréhender les situations sociales complexes, qui provoquent un mal-être important des personnes et devant lesquelles les intervenants se sentent parfois fort démunis. Au milieu des années 90, la maison médicale d’Ougrée, comme tous les intervenants du territoire, a été confrontée à une multiplication de situations de détresse dont les causes et les conséquences dépassaient largement le domaine d’action des médecins et infirmières.

Jean-Marie Delvoye y était médecin généraliste. Il est aujourd’hui directeur d’Optim@. « Nos compétences médicales n’étaient plus suffisantes devant la multiplication des situations de santé, symptomatiques d’un cumul de difficultés liées au chômage, au délabrement des conditions de logement, à la toxicomanie ou des situations intrafamiliales difficiles… Nous étions conscients que nous avions une vision sectorielle de la réalité de ces familles. Car en tant que médecins, les questions que nous nous posions n’étaient pas les mêmes que si nous avions été, par exemple, des aides familiales. Les informations auxquelles nous avions accès sont liées à notre angle de vue. Toutefois nous n’étions pas en mesure d’intégrer au sein de notre équipe toutes les compétences nécessaires pour faire face à cette nouvelle précarité et envisager les situations dans leur globalité. Nous sommes donc allés chercher à l’extérieur le moyen de croiser ces différents regards sur le bien-être des personnes afin d’établir un diagnostic et proposer ensuite des actions concertées répondant aux besoins de la population ».

Observer un territoire

C’est ainsi qu’ont été engagés les premiers contacts avec l’Université de Besançon qui proposait un programme de développement d’observations à partir des acteurs de terrain sur un territoire donné. Dans la foulée, en 1998, sous la houlette de la maison médicale d’Ougrée un premier partenariat regroupant neuf organismes essentiellement du domaine social et de la santé voit le jour afin de coordonner la création d’un observatoire de la santé. « L’objectif consistait à analyser les situations individuelles des usagers dans le cadre d’une démarche exploratoire pour mieux connaître les problématiques rencontrées par la population et permettre ainsi aux professionnels de mieux orienter leurs interventions et de proposer de nouvelles actions par rapport aux besoins identifiés… L’Université de Besançon nous a outillés de manière simple et robuste »

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Pour accéder à une connaissance globale du territoire de Seraing, le partenariat qui deviendra Optim@ en 2001 utilise donc la méthode Catalyse mise au point par le professeur Jean-Jacques Girardot, directeur du laboratoire universitaire MTI@SHS (Méthodes de Traitement de l’Information Appliquée aux Sciences de l’Homme et de la Société de l’Université de Franche-Comté, en France). Cette méthode repose sur la confrontation des besoins exprimés par les habitants, des offres de services proposés par les intervenants et du contexte socio-économique du territoire. Pour ce faire, la méthode Catalyse offre différents outils : un guide de recueil de données ou guide d’entretien de l’usager, un logiciel pour traiter les données, un formulaire-type pour établir une base de données de l’ensemble des services proposés aux citoyens et un système d’informations territorialisées regroupant des informations socio-économiques locales et régionales provenant notamment du CPAS, du Forem et de l’INS.

Un guide d’entretien de l’usager

Le guide de recueil des données ou guide d’entretien est utilisé par certains partenaires pour réaliser un diagnostic de la situation individuelle d’un usager de leur service. Tel stagiaire d’une EFT, telle demandeuse d’emploi de l’ALE, tel bénéficiaire du RIS, telle patiente de la maison médicale… On y aborde sa situation personnelle, sa situation socio-économique, le type de logement qu’il occupe, sa situation scolaire ou professionnelle, son degré d’autonomie sociale. Il y a également un thème santé et bien-être. Et, enfin, un thème prévention. « Les informations collectées et rassemblées sont traitées de manière quantitative mais aussi qualitative. Ainsi par combinaison d’une analyse factorielle des correspondances (AFC) et d’une classification ascendante hiérarchique (CAH), on peut interpréter les résultats et mettre en évidence les caractéristiques de groupes identifiés, les besoins prioritaires exprimés par les usagers, les facteurs déterminants des situations rencontrées et image003.jpgla prédiction de certaines évolutions ».

L’observatoire de la santé devient progressivement un observatoire social et économique à vocation permanente dans les domaines de la santé, du social, de l’éducation, de l’économique et de l’habitat mesurant le niveau de bien-être de la population de Seraing. « Nous pouvons ainsi alimenter la réflexion des habitants, des professionnels, des décideurs afin de proposer des réponses originales et innovantes aux problèmes identifiés »

Face à la dégradation de l’environnement socio-économique de Seraing, la nécessité d’optimaliser le fonctionnement des services publics et privés serésiens engagés dans la lutte contre la précarité est plus pressante encore… En janvier 2001, aux côtés de la maison médicale d’Ougrée, l'Entreprise de Formation par le Travail "Le Cortil" et le CEFA St-Martin, l’asbl Optim@ se constitue pour asseoir son travail d’observation, d’animation/coordination, de mise en place d’actions innovantes et d’évaluation.





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