Chapitre 5 : Positionner le demandeur d’emploi au centre
Date de publication : 01/08/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 09:24
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 16:17
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Dans son atelier emploi, Optim@ propose deux types d’approches au public de demandeurs d’emploi : l’une individuelle, l’autre collective.
Individuellement, Optim@ réalise l’arbre des compétences de chaque demandeur d’emploi grâce aux informations encodées dans Gingo. C’est un bilan de compétences qui est associé au bilan social, diagnostic des problématiques socio-sanitaires, recueilli par chaque partenaire grâce au guide d’entretien ou recueil des données commun servant de base au travail d’analyse de l’Observatoire. Souvenez-vous : chaque usager d’un service est invité à remplir ce recueil qui comporte des données sur sa situation socio-économique, mais aussi son logement, sa santé, son autonomie…
« Les demandeurs d’emploi viennent chez nous sur une base volontaire. Et ce que nous leur proposons n’existe nulle part ailleurs sur le territoire. C’est le principe même des projets pris en charge par l’équipe Optim@. Les autres opérateurs de formation n’ont pas cette mission et n’ont ni les moyens ni le temps de tester de nouvelles méthodologies de travail ». Dans un entretien-écoute d’environ 1h30, le conseiller emploi liste avec l’usager les compétences qu’il veut valoriser sur le marché du travail. Elles sont ensuite décrites, classées par secteurs d’activités grâce au logiciel Gingo et confrontées aux arbres des profils des formations et des postes visés.
« Concrètement si une jeune femme
technicienne de surface ayant entamé un cycle d’étude pour être puéricultrice
sans l’avoir terminé veut retourner à la puériculture, nous n’encodons pas ses
compétences de technicienne de surface, mais bien celles en rapport avec la
puériculture. Toutes les personnes qui s’adressent à nous ont un a priori
favorable par rapport à l’emploi. C’est en général la solution qui leur semble
la plus évidente à leurs problèmes… Pourtant sans logement ou sans
qualification, l’emploi n’est sans doute pas la première porte d’insertion...
C’est pourquoi le bilan de compétences sert de base et de discussion
pour identifier un projet réaliste. Il débouche souvent sur la mise en évidence
de la nécessité d’une formation complémentaire ou sur le fait que l’emploi
n’est pas la priorité du moment, ou encore
qu’il n’est pas la solution la plus adéquate par rapport aux difficultés
exprimées ».
Un réseau d’intervenants autour du demandeur
Il ne s’agit pas de « lâcher » dans la nature le demandeur d’emploi avec son bilan de compétences en main. « Le bilan permet d’élaborer un plan d’action sur la base des difficultés et des priorités. Nous identifions alors, dans le champ social, le ou les acteurs nécessaires à cet accompagnement social. Autour de la personne se constitue ainsi un réseau qui accompagne la mise à l’emploi, en fonction des missions de chacun des services et des besoins du demandeur. Un référent pour chaque situation est aussi désigné. C’est avec lui que l’individu discute de chaque étape de son parcours ». L’objectif de ce dispositif est donc de positionner le demandeur d’emploi au centre du processus comme acteur de son parcours. Il n’est pas contraint de se déplacer d’un endroit à l’autre au risque d’être « ballotté » « Par exemple, dans le cas d’un usager candidat réfugié, nous avons réuni les différents services en jeu : Optim@ pour le bilan de compétences, un représentant du Forem, une formatrice en français et l’assistante sociale du CPAS… ». Une fois la mise à l’emploi effective, le job-coaching maintient cet accompagnement social avec une personne extérieure à l’entreprise, ce qui diminue les risques de décrochage et « sécurise » le patron qui emploie alors plus facilement une personne « précarisée ».
Au 1er août 2004, Optim@ avait réalisé 196 bilans de compétences pour 82 femmes et 114 hommes. 49 personnes étaient en possession d’un certificat d’études de base et, en tout, 160 avaient maximum le CESI. 97 d’entre elles avaient le statut de demandeur d’emploi indemnisé, 36 étaient bénéficiaires du RIS, les autres entraient dans diverses catégories.
Sur les 196 demandeurs d’emploi ayant réalisé leur bilan de compétences, Optim@, n’a plus de nouvelles de 32 d’entre eux, 30 sont aujourd’hui en emploi, 47 en formation, 87 sont toujours demandeurs d’emploi indemnisés. Parmi les secteurs d’activités les plus sollicités, on retrouve le bâtiment, le secteur administratif et l’Horeca. Enfin, 5 personnes sont actuellement suivies en job-coaching en entreprise.

Le demandeur d’emploi intégré dans une démarche collective
Au cours du travail individuel réalisé dans le cadre de la mise à l’emploi, certains demandeurs d’emploi ont fait part de leur souhait de rencontrer d’autres demandeurs d’emploi afin de partager leur expérience dans le domaine de la recherche d’emploi. L’atelier emploi a donc décidé de mettre sur pied, à titre expérimental, des actions de type collectif. « Pour l’instant, deux expériences sont en cours », précise Aurore Urbano. Un groupe de mobilisation et un module de pré-formation.
Le groupe de mobilisation rassemble des demandeurs d’emploi intéressés par un même secteur d’activités. « Le premier objectif consiste à faire émerger des ressources en favorisant les échanges d’expériences et de savoirs pour faciliter l’insertion professionnelle. Le deuxième s’attache à donner une vision claire et réaliste du secteur d’activité choisi. C’est ainsi que les participant(e)s rencontrent des personnes occupant des emplois convoités, des opérateurs de formation susceptibles d’offrir les compétences manquantes ou encore des employeurs qui ont recruté des personnes pour des postes dans le secteur choisi ».
Quant au module de pré-formation, il
s’inscrit dans un partenariat entre l’Entreprise d’insertion Retrimeuse, le
Forem, les EFT le Coud’main et le Cortil, et Optim@. Le tout est coordonné par

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