Double cahier Labiso
Périodique N°33
Optim@ sur le territoire de Seraing
Un observatoire pour réfléchir et agir avec les acteurs socio-économiques et de la santé

Sommaire



 
 
Le bien-être, voilà une notion qui de manière prégnante (pré)occupe et mobilise une diversité d’acteurs : du simple citoyen attentif à son équilibre personnel au législateur soucieux du bien-être des travailleurs en passant par les professionnels chargés de soutenir, d’encadrer un public d’enfants, de jeunes et d’adultes dans le domaine de la santé mais aussi de l’éducation, de l’insertion, de la culture...

Chapitre 6 : Organismes de formation et entreprises, les autres maillons

Publication inédite (édition in extenso). Langue : français.
Date de publication : 01/08/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.

Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE

Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 09:24
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 16:17
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Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 25/11/2008 à 10:09
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Place communale 7
4100 Seraing

 

Dans ce dispositif de mise à l’emploi, ce qui est à mettre en évidence, c’est la volonté d’Optim@ de ne pas faire « porter » sur les seules épaules des demandeurs d’emploi l’amélioration d’une situation économique dégradée dans une région qui se paupérise. Mettre en valeur ses compétences, se former… Oui, mais à condition que les autres acteurs en milieu et en bout de course s’impliquent eux-aussi. C’est l’objet des actions des pôles formation et entreprise du projet de mise à l’emploi soutenu par l’atelier emploi.

Les organismes de formation sont un maillon entre le public faiblement qualifié et les postes disponibles au sein des entreprises. Il s’agit donc de faire un état des lieux des programmes de formations sur le territoire serésien et de les décliner en compétences. Ce qui amène à construire l’arbre de compétences des organismes de formation et donc à construire un parcours d’insertion cohérent par rapport au demandeur d’emploi. « On identifie ainsi les manques par rapports aux besoins des demandeurs d’emploi et de la même manière par rapport aux besoins des entreprises. » C’est ainsi qu’on a pu mettre en évidence qu’il manquait à Seraing un organisme d’insertion socioprofessionnelle (OISP), obligeant les EFT ou le secteur de la promotion sociale à remplir des missions qui n’étaient pas les leurs. Et donc ne pouvant s’y consacrer avec toute l’attention voulue. « Nous sommes en train de mettre en place cette structure en partenariat avec tous les opérateurs du dispositif d’Insertion Socioprofessionnelle (Entreprises de Formation par le Travail, CEFA, CPAS, Agence Locale pour l’Emploi) . C’est elle qui prendra notamment en charge les bilans de compétence et d’autres interventions comme la remédiation, la remise à niveau ou encore l’obtention du permis de conduireSi l’on cherche à créer cet OISP sur le territoire c’est évidemment parce que nous sommes dans une logique de développement territorial mais aussi parce que la question du manque de mobilité de nos usagers est centrale ».

Voilà toute la logique d’Optim@ : en réseau détecter les besoins, assurer dans un premier temps ceux auxquels personne ne répond et ensuite organiser en partenariat une réponse avec la création d’un nouveau service… Optim@, acteur de deuxième ligne dans son travail d’observation et de mise en réseau participative et acteur de première ligne, transitoirement, le temps de l’ajustement territorial.

Des profils de postes en termes de compétences

L’entreprise pour sa part est aussi demandeuse de compétences. C’est pourquoi plusieurs partenaires de l’atelier emploi ont élaboré un guide d’entretien direct qui permet de systématiser la récolte d’informations auprès des entreprises, portant sur des données comme la politique de recrutement, l’évolution des postes de travail en termes de compétences, les perspectives d’investissements… Au 31 décembre 2003, 37 entreprises situées sur Seraing et Ougrée ont été rencontrées. Elles couvrent principalement les secteurs de l’industrie, de la vente, de la grande distribution, de l’automobile et du bâtiment. L’ensemble des données traitées sera bientôt accessible à l’ensemble des partenaires. D’autre part, Optim@ a réalisé une analyse qui permet de détecter des postes à pourvoir et des compétences recouvertes par un intitulé de poste pour un travail qui ne requiert pas de diplôme élevé. Le logiciel Gingo permet ce type d’analyse. L’arbre de compétences des entreprises représente les compétences détectées pour 31 postes de travail étudiés.

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« Dans toutes les entreprises, on a besoin de personnel peu qualifié. Ce qui n’est pas toujours facile, c’est de sortir de la logique de diplôme. Il faut souvent demander ce que fera concrètement la personne pendant une semaine. Tout dépend aussi du contact avec le chef d’entreprise… On essaye également de les sensibiliser aux aides à l’embauche, beaucoup les méconnaissent encore. Surtout parce qu’il y a une méfiance par rapport à tout ce qui est social… Mais le Forem est un très bon relais pour ce premier contact », explique Aurore Urbano. Par ailleurs, la méfiance ne se situe pas que du côté des entreprises. « Les travailleurs sociaux ont eux-aussi beaucoup de difficultés à aller à la rencontre des employeurs » souligne J-M Delvoye. « Chacun a une vision sectorielle… Nous proposons de miser sur la complémentarité. Avec les institutions publiques, il est plus facile de faire comprendre notre démarche globale qu’avec les interlocuteurs du monde économique classique à cause notamment des différences de langage ».

Travailler au rapprochement du monde économique et du monde social

Pour preuve de cet écart de réalité, l’inauguration des nouveaux locaux d’Optim@ le 27 mai dernier où tous étaient là : institutions publiques, échevins et bourgmestre, administration communale, opérateurs de formation, usagers, responsables politiques régionaux et communautaires, expert étranger… Le monde de l’entreprise quant à lui était représenté par quelques responsables d’entreprise d’insertion et des agences d’intérim. La difficulté de rapprochement se heurte à des éléments bien concrets : rien qu’au niveau du choix de l’heure, il est forcément difficile pour un patron de se libérer… « Nous misons beaucoup sur la promotion du job-coaching pour avancer dans ce rapprochement entre le monde de l’entreprise et le monde social », souligne Hervé Samyn, administrateur de l’asbl Optim@ et directeur de l’EFT Le Cortil. « Les rencontres dans le cadre de la réalisation de l’arbre des compétences sont l’occasion de sensibiliser le monde économique à la démarche globale du projet. Elles nous permettent aussi de proposer une aide au recrutement de candidats pour les postes peu qualifiés et d’articuler leur engagement avec un suivi en emploi. »

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