Chapitre 12 : L’exercice d’un « droit » à partager avec les enfants
Date de publication : 01/12/2004
Etat d'avancement du travail : Terminé.
Classification : SCIENCES SOCIALES / ASSISTANCE SOCIALE
Publication de l'ouvrage : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 26/11/2008 à 10:22
Dernière modification : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 26/11/2008 à 10:24
Dispose des droits sur la publication.
Publication de la page : Mr. Pierre-Yves Krywicki le 26/11/2008 à 10:43
Bloc HTML non structuré n°37/673#1 - Nombre de téléchargements : 1329/40745
Contact : Espace Rencontres Hainaut - A.S.B.L. => contactez-les ici
Tél. : 065 36 28 39
Fax. : 065 36 28 39
Rue des Arbalestriers, 16
7000 Mons
BELGIQUE
Le droit à connaître personnellement son enfant est bien établi. Lorsque l’Espace Rencontres de Mons intervient à la suite d’une procédure judiciaire, c’est très souvent en fonction de ce droit aux relations personnelles. Soit un père ou une mère empêché de voir son ou ses enfants a porté plainte pour non présentation et a été entendu par la justice. Soit le droit de ce parent, pour une raison ou une autre, est mis en question. L’Espace Rencontres peut alors être désigné pour accompagner le rétablissement ou le maintien des contacts. C’est le droit de l’adulte, et donc du parent, qui prévaut.
C’est le droit de l’adulte, et donc du parent, qui prévaut
Quant au droit de
l’enfant, l’article 12 de la Convention des Droits de l’Enfant reconnaît aux
mineurs le droit de s’exprimer sur les sujets qui les concernent et réclame des
pouvoirs publics la mise en œuvre d’un système leur permettant d’être entendus.
Mais pouvoir être entendu, par un juge par exemple, est seulement possible dans
des conditions précises et ne signifie pas pouvoir choisir. Les décisions
restent toujours entre les mains des adultes, et parfois celles d’un juge. Un
mineur d’âge, même de plus de 12 ans, est soumis à cette règle.
Lors d’une journée
d’études de l’Ecole des Parents et des Educateurs intitulée « Accompagner
les familles en rupture », Alain Boyer a rappelé que le droit et l’intérêt
de l’enfant pouvaient assez facilement servir d’excuse et d’alibi à leurs
parents. Il incite à la prudence.
L’Espace Rencontres
de Mons s’appuie donc sur le droit des adultes à avoir des relations
personnelles avec leurs enfants. Mais il considère également que ce droit n’est
pas une obligation. Á l’ouverture d’un dossier, la coordinatrice ne prend en
général pas l’initiative d’interpeller les parties concernées. Celles-ci
doivent entreprendre la démarche. De même, un parent qui vient voir son enfant
au sein de la maison doit demander lui-même que les futurs rendez-vous soient
programmés. L’équipe ne se substitue pas à lui.
Comme l’école ou les épinards
L’enfant ou le jeune
est dans une position inconfortable. Quand un recours à l’Espace Rencontres est
décidé, il doit fréquenter le service, qu’il le veuille ou non. Pourtant,
puisqu’il n’est pas adulte, il n’est pas considéré comme responsable et c’est
sur le parent avec qui il vit que repose l’obligation.
Chercher les
aménagements nécessaires
La situation des
enfants indirectement obligés de rentrer en contact avec leur autre parent est
comparable à celle vécue par rapport à l’école. C’est d’ailleurs sans doute
l’image la plus souvent utilisée pour tenter de leur expliquer la raison pour
laquelle ils devront être présents. Qu’ils en aient envie ou non, ils doivent
fréquenter un établissement scolaire, sinon la personne responsable d’eux
risque d’avoir des ennuis. A l’Espace Rencontres, c’est pareil.
Mais les enfants
trouvent rarement cette comparaison satisfaisante. Pour eux, ça n’a rien à
voir ! L’école, c’est utile, ça sert à quelque chose. Et puis aller en
classe, eux, ils aiment bien. Parce que tel est parfois le problème : ils
n’aiment pas la personne à qui ils vont devoir se présenter. Pour Sabine Van
Trimpont, la coordinatrice du service, les visites sont comme une assiette
d’épinards. On peut chercher les aménagements nécessaires pour qu’elles soient
les moins mauvaises possible. Les enfants ne sont pas seuls face leur parent
visiteur.
Dans le respect de l’enfant
L’équipe est là pour
assurer la qualité de la rencontre. Le seul moyen dont elle dispose est la
discussion. Le recours à la force ou aux menaces est bien sûr hors de question.
Et la difficulté que peut connaître un enfant à honorer un tel rendez-vous
n’est jamais négligée.
Ainsi, quand il
vient parler, jouer, se fâcher, ne rien faire avec son père, sa mère ou une
autre personne de sa famille, les intervenants sont vigilants, disponibles et
prêts à aider. Le jeune entre en contact avec son autre parent et est encouragé
à exprimer ses sentiments. Libre à lui d’aimer ou de ne pas apprécier.
| Tweeter | avec le soutien de la ![]() |
